Entre amis

La naissance de Poussinet (2/2)

20190911_113815La dernière fois, je vous racontais l’accouchement magique que j’ai vécu, il y a un peu plus de 4 mois. Malheureusement, la suite n’a pas été aussi douce….


J’ai arrêté mon récit au moment de la découverte de notre petit garçon, qui n’avait donc pas encore de prénom. Nous avons fini par nous décider au moment où l’équipe de jour a pris le relais. Une infirmière très enjouée est venue voir comment je me portais, m’a apporté un petit déjeuner et même parlé de me lever pour aller prendre une douche (ou plutôt devrais-je dire LA douche, celle qui est si délicieuse après tant d’efforts !!). C’est l’un des gros avantages du sans-péri, on est opérationnelle rapidement dans la foulée de la naissance !

Là où ça se complique

Seulement, lorsque je me redresse, je me mets à perdre énormément de sang. En voyant cela, l’infirmière préfère appeler une sage-femme pour qu’elle contrôle mes saignements. Celle-ci me confirme que je saigne beaucoup, plus que la moyenne. Je reste alors un peu en surveillance, mais les saignements continuent. On commence à me parler de révision utérine : j’en ai déjà eu une pour Poupette, mais j’avais la péridurale, donc l’acte avait été très rapidement effectué. Cette fois-ci, je le sais, je vais devoir passer par la case rachi-anesthésie. Je suis un peu dégoûtée de devoir être anesthésiée, mais bon, je sais que je n’ai pas le choix. Le plus important pour moi c’était surtout de sentir naître mon bébé. Bref, les anesthésistes arrivent et font leur petite affaire. J’ai quand même droit à un petit laïus à base de « c’est quand même dommage de ne pas avoir voulu la péridurale, parce que ça oblige à avoir une rachi, maintenant ». Bref, je laisse parler, je m’en moque, je suis hyper fière de moi.

La rachi fait effet, on me fait la révision utérine : l’acte en lui-même met longtemps parce que je continue de saigner abondamment. On fait venir une échographiste qui essaie de guider la sage-femme. Bref, pas cool tout ça….

Mais le pire est à venir : alors que la sage-femme fait le premier examen clinique de Poussinet, elle sort en nous disant qu’elle doit demander l’avis de la pédiatre du service. Sur le moment, on n’y prête pas trop attention, mais lorsque celle-ci arrive, elle nous sort cette phrase bizarre :

Je viens pour l’incertitude sur le sexe de votre enfant.

Pardon ? Elle examine alors notre bébé et nous explique qu’elle ne sent pas de testicules, ni dans les bourses, ni plus haut au niveau du pubis ou même de l’abdomen. Le fait qu’un voire les deux testicules ne soient pas encore descendus dans les bourses au moment de la naissance, ce n’est ni rare ni grave. Par contre, les cas comme Poussinet, où on ne sent aucun testicule même plus haut à l’examen clinique, sont bien plus rares et exigent la mise en place d’un protocole extrêmement lourd. En gros, on ne peut pas nous affirmer que notre enfant est bien un garçon, génétiquement parlant. Elle nous parle alors de caryotype, de dosage hormonal, d’échographie de contrôle, elle nous dit que notre enfant peut être en fait une « petite fille virilisée à l’extrême », qu’on peut continuer à l’appeler Poussinet pour l’instant, mais qu’on ne peut pas le déclarer officiellement, que sur son bracelet de naissance on inscrira « Bébé X ». Elle nous dit que selon les résultats, elle nous orientera vers les spécialistes qui se baseront sur le caryotype pour nous aider à choisir les options les plus adaptées à notre enfant, etc etc….

Le ciel nous tombe littéralement sur la tête….

Au bout d’un long moment alors qu’on est encore hébétés par cette annonce, on me remet mon bébé dans les bras et on me propose de le mettre au sein. On s’installe et tout d’un coup, je me sens complètement partir. Lorsque j’ouvre à nouveau les yeux, il y a une bonne dizaine personnes dans ma chambre : une obstétricienne est en train de me masser activement l’utérus, une infirmière me pose une deuxième perfusion tandis que les anesthésistes m’injectent un produit dans la première perf, une sage-femme vérifie mes saignements et une seconde infirmière ma tension. Évidemment, je me sens un peu perdue, tout va tellement vite, mais je n’ai même pas le temps de paniquer que  l’obstétricienne me rassure : elle me dit que c’est très impressionnant mais que c’est normal, que tout le monde sait ce qu’il a à faire et que je vais me sentir mieux très rapidement. Et en effet, le médoc des anesthésistes fait rapidement effet et ma tension (qui était tombée à 2 !) remonte en flèche.

L’équipe médicale décide alors de me faire passer un médicament qui induit de puissantes contractions utérines afin d’évacuer les derniers résidus de placenta : on repart pour 5 heures de traitement + 2 heures de surveillance en salle de naissance. De mon côté, je suis encore un peu dans les vapes et ne réalise pas bien ce qui vient de se passer. Quant à Mister F., il revient à mon chevet, encore tout secoué : l’équipe a été attentive à le tenir au courant, mais il vient de vivre la peur de sa vie, avec son tout-petit bébé dans les bras….

Cette journée reste complètement irréelle dans mes souvenirs. Je me souviens seulement que l’équipe est adorable, aux petits soins pour moi, pour Mister F. à qui on propose un petit déjeuner et un lit juste à côté de moi pour qu’il puisse se reposer un peu. Poussinet devient le chouchou du service : il est baladé en kangourou par la puéricultrice en chef. Bref, on passe la journée à essayer de se remettre doucement de toutes ces émotions.

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L’inquiétude

En fin de journée, après un dernier contrôle, on me propose enfin de monter en chambre. Je panique à l’idée de quitter la salle de naissance et cette équipe si réactive. Alors que je n’en avais pas éprouvé le besoin pour les aînées, je demande à Mister F. de rester avec moi pour cette première nuit : je ne veux pas me retrouver seule face à toutes ces angoisses concernant l’avenir de notre enfant.

Et qu’est-ce que j’ai bien fait ! Cette première nuit est horrible ! L’équipe, qui nous voit débarquer un peu avant minuit, est passablement ravie…. Alors que dans la salle de naissance on a bien insisté sur l’importance de laisser Poussinet en nursery pour cette première nuit, malgré mon projet d’allaitement, on nous oppose un non catégorique : il n’y a plus de place, et d’autres mamans en ont plus besoin que moi.

Je m’effondre, je me sens vidée, incapable d’y arriver. Mister F.me réconforte comme il peut, mais lui aussi se sent bien impuissant.

Pour couronner le tout, un tas de petits inconforts se rajoutent à cette situation déjà compliquée : à cause de mon diabète gestationnel sous insuline, Poussinet doit avoir des contrôles réguliers de sa glycémie, toutes les 4h ; et suite à la fissuration de la poche des eaux plus de 12h avant sa naissance, on doit également lui faire un électrocardiogramme toutes les 6h. Évidemment, les heures d’examens tombent en quinconce, ce qui fait que je passe pratiquement une nuit blanche : idéal pour se rétablir….!

Au matin, lorsque je me lève pour aller me débarbouiller, je vois un fantôme de moi-même dans le miroir : je ne me suis jamais vue aussi pâle, je porte mon épuisement sur mon visage. Je comprends mieux le regard inquiet avec lequel Mister F. me couve depuis hier….

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Heureusement, les choses s’arrangent. Nous comprenons au matin que l’équipe de nuit était en sous-effectif et composée uniquement de remplaçants, pas habitués à faire face à ce genre de situation. L’équipe de jour est bien plus à l’écoute et nous sommes à nouveau pris en main par des professionnels efficaces et attentifs à notre situation bien particulière.

La puéricultrice qui nous suit ne s’occupe que de très peu de bébés et est très disponible. Suite à une glycémie un peu basse, elle m’explique que l’on va donner un complément de lait à Poussinet pendant ses trois prochains repas. Avec mon projet d’allaitement, si important à mes yeux, je me bats comme une lionne pour éviter ça : elle me propose alors de lui donner le lait via une seringue pendant qu’il est au sein. J’insiste ensuite pour qu’elle m’apporte un tire-lait, afin de commencer la stimulation pour ma lactation le plus tôt et le plus efficacement possible. Et enfin, je reviens à la charge pour éviter les prochains compléments : devant les premières gouttes de lait que j’arrive à tirer et ma pugnacité, la puéricultrice va discuter avec la pédiatre du service, qui passe me voir. Elle me dit qu’on peut éviter les compléments si les prochaines glycémies de Poussinet sont dans les normes. Je me réjouis de cette première victoire et fais en sorte de nourrir mon petit très régulièrement pendant les heures qui suivent.

La pédiatre en profite pour nous reparler du protocole que nous devons faire subir à Poussinet. La première étape est une prise de sang pour pouvoir lancer l’établissement du caryotype : on me rend mon bébé épuisé, avec deux énormes pansements aux poings qui lui font comme des gants de boxeur. Malheureusement, nous n’allons pas pouvoir avoir de réponses rapidement : le caryotype peut mettre jusqu’à 10 jours, même si on lance une recherche rapide de la trace du gène Y qui devrait arriver plus tôt ; et il n’y a pas de créneau disponible pour une échographie avant le lendemain.

Je vis très mal cette attente : c’était important pour moi de commencer à avoir un début de réponse avant la rencontre entre Poussinet et ses soeurs. Je n’ose pas imaginer la situation éventuelle où il nous faudra expliquer à nos aînées que leur petit frère est en fait une petite soeur : j’ai l’impression de nager en plein cauchemar.

A cela s’ajoute les messages inquiets des copains qui nous savent partis à la maternité mais n’ont plus de nouvelles depuis 48h : comment leur annoncer une naissance quand on ne peut pas donner le prénom, quand on ne sait même pas mettre les mots pour décrire notre enfant ?

La rencontre avec les grandes soeurs est donc teintée de toute cette angoisse : j’ai du mal à être pleinement heureuse, à profiter de l’instant, j’ai tellement peur de l’avenir….

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Le lendemain, nous décrochons enfin un créneau pour l’échographie : au moment de quitter la chambre pour accompagner Poussinet à son examen, mes jambes me lâchent et je m’effondre. La puéricultrice me propose de la laisser y aller avec Mister F. pendant que je reste ici, à prendre une douche. Je lui suis tellement reconnaissante pour cette proposition : je ne me sens pas capable d’accompagner mon bébé, c’est au-dessus de mes forces.

Je m’occupe comme je peux en attendant leur retour : je tire mon lait, je prends une douche, …. Quand j’entends la porte s’ouvrir et que je vois Mister F. avec un sourire timide pousser le petit berceau de Poussinet, mon coeur manque un battement. Il me confirme rapidement que l’examen est positif : on ne peut pas encore être sûr à 100%, mais l’échographiste a trouvé la trace de deux tissus compatibles avec des testicules au niveau de l’abdomen.

Nous n’osons pas encore y croire et annoncer la naissance. La pédiatre du service repasse nous voir et me dit qu’elle a l’impression de sentir des grosseurs dans l’abdomen, que c’est très bon signe. Elle me dit que le résultat de la trace du gène Y devrait arriver le lendemain ou le jour suivant. Et surtout, elle me dit cette phrase :

On ne vous laissera pas partir sans que vous soyez pleinement rassurés.

Pour la suite, je vous fais la version courte : deux jours plus tard, au matin de notre sortie, on reçoit enfin les résultats de la recherche du gène Y. Notre enfant est bien un petit garçon, nous pouvons enfin souffler, commencer à annoncer la nouvelle de sa naissance plus largement et le déclarer officiellement. Rendez-vous dans un mois pour un contrôle endocrino avec les résultats du dosage hormonal, afin de savoir s’il est nécessaire de prévoir un suivi particulier pour Poussinet.

Juste avant notre départ, toute l’équipe passe dans notre chambre pour se réjouir avec nous de ce dénouement heureux : ça me touche beaucoup de voir leurs sourires et d’entendre leurs mots gentils. Nous avons été vraiment bien entourés pendant toute cette période difficile.

Une immense fatigue

Le retour à la maison est un soulagement : après toutes ces épreuves, ça me fait du bien de quitter la maternité, de laisser les médecins et les examens derrière nous. Pourtant une immense fatigue m’envahit. Il faut dire que j’ai perdu presque 2L de sang : je me sens vidée, mes jambes ont parfois du mal à me porter. Heureusement, je ne souffre d’aucune autre douleur post partum.

Je continue à mettre toutes les chances de mon côté pour l’allaitement en tirant mon lait 3 à 4 fois par jour en plus des tétées : je sais qu’il va me falloir tenir sur la durée à ce rythme soutenu si je veux avoir la chance de vivre un allaitement serein. Mais c’est évidemment épuisant, surtout les tirages de nuit.

Nous avons l’immense chance d’être entourés par nos parents qui se relaient pendant 15 jours pour s’occuper de nos aînées, de la logistique de la maison, des repas : je peux me concentrer sur moi, reprendre doucement des forces et pouponner mon tout-petit sereinement.

Le dénouement

Un mois plus tard, l’endocrinologue spécialiste des nourrissons me confirme que tout va bien pour mon bébé : son dosage hormonal étant parfaitement dans la norme, pas besoin de mettre en place un suivi particulier.

Le bonheur d’être tous réunis et de savoir notre enfant en bonne santé reprend le pas sur les angoisses et les inquiétudes de ses premiers jours de vie, mais je paie encore un moment la fatigue émotionnelle de ces montagnes russes. Et quand je vois les larmes qui me viennent si facilement au moment où j’écris ces lignes, je me dis que cette naissance n’est encore pas tout à fait digérée, de mon côté.

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Un grand merci

Je ne me vois pas finir cet article fleuve sans remercier tous ceux qui nous ont aidé à traverser cette épreuve. Ça peut paraître ridicule, car bien peu liront ces lignes, mais j’ai besoin de mettre des mots sur ce sentiment de reconnaissance qui m’habite.

En premier lieu l’équipe médicale de la maternité, et tout particulièrement ma super sage-femme qui m’a permis d’avoir l’accouchement de mes rêves et a eu ces mots si beaux pour décrire notre couple. Les puéricultrices, celle de la salle de naissance et celle qui nous a accompagné pendant notre séjour, qui ont donné tellement de tendresse à notre petit bout. Ma sage-femme des suites de couches, si pétulante et au discours tellement franc. Et la pédiatre qui venait plusieurs fois par jour pour nous rassurer et écouter nos angoisses, répondre à nos questions.

Merci aussi à tous ceux qui nous ont donné cette chance immense de pouvoir nous concentrer sur notre tout-petit en prenant en charge nos filles aînées. Nos parents qui, comme toujours, ont été au rendez-vous, leur permettant de transformer ces 15 jours en des mini-vacances improvisées et festives. La petite soeur de Mister F. qui est venue au pied levé à la maison, en pleine nuit, au milieu d’une soirée visiblement arrosée, pour veiller sur le sommeil de ses nièces. Les parents de la crèche, celui qui est venu garder nos filles la première soirée, celle qui nous a conduit à la maternité en voiture, celles qui sont venues aux nouvelles, avec pudeur et bienveillance, sans se faire intrusives, celles qui m’attendaient avec impatience et émotion après m’avoir laissé le temps de me remettre doucement.

Et évidemment Mister F., mon pilier, mon bras droit : on forme une super équipe, tous les deux.


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Quelle naissance épique, pour notre Poussinet ! Et vous, vous avez connu de grandes surprises de ce genre, à la naissance ? Des premiers jours compliqués, douloureux ?

Entre amis

La naissance de Poussinet (1/2)

20190907_190909Alors que Poussinet vient de fêter allègrement ses quatre mois entre une bronchiolite et une rhino, il est temps pour moi de venir vous raconter sa naissance.

Une naissance à rebondissements, que j’ai mis du temps à digérer, et dont le découpage en deux parties distinctes semble assez naturel : vous le verrez, on passe sans prévenir d’un extrême à l’autre ! Sacré Poussinet !

 


Les derniers jours

Contrairement à ses sœurs, Poussinet ne s’est pas fait attendre : pas de dépassement de terme avec lui, et c’est avec presque trois semaines d’avance, à l’issue d’une semaine de rentrée particulièrement chargée que les choses ont commencé.

Vendredi soir, alors que je comate tranquillement devant Netflix, je sens tout à coup un truc bizarre dans le bas ventre qui me réveille : je file aux toilettes, et là, c’est les grandes eaux ! Petite vérification au papier pH : pas de doute, j’ai bien fissuré la poche des eaux.

Je reviens un peu paniquée au salon, en disant à Mister F. de nous trouver un mode de transport et un moyen de garde pour les filles, pendant que je file finaliser ma valise de maternité qui était loin d’être prête…. Evidemment, à force de dire à tout notre entourage que j’allais accoucher tard, personne n’était vraiment au taquet ! Notre plan A ne répond pas, plan B non plus, plan C idem…. Je commence sérieusement à paniquer et à engueuler Mister F. de ne s’être pas préoccupé de ça plus tôt, alors que je le tannais depuis notre retour de vacances. On finit par appeler deux couples de copains de la crèche qui habitent à deux pas : un des papas va venir à la maison veiller sur le sommeil de nos filles et l’autre maman, qui a une voiture, nous propose de nous accompagner à la maternité.

5 min plus tard, on file avec elle, à moitié rassurés par cette solution de garde : les filles connaissent ce papa de la crèche, mais elles vont être drôlement surprises à leur réveil, et en cette semaine de rentrée déjà bien remplie, on n’a pas pris le temps de rediscuter avec elle de la naissance, de comment ça allait se passer concrètement pour elles, etc…. De mon côté, hormis la fissuration de la poche des eaux, c’est le calme plat : pas ou peu de contractions, pas douloureuses.

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En arrivant à la maternité, on m’installe en salle de pré-travail pour me mettre sous monito : comme je le pensais, je ne suis pas encore en travail, mes contractions, bien que régulières, ne sont pas douloureuses et ne modifient pas le col. On a rapidement le résultat du streptocoque B : comme je ne suis pas porteuse, on me laisse jusqu’à 48h pour laisser le travail se déclencher, ce qui nous mène jusqu’à dimanche soir grand max. Mister F. passe la nuit avec moi à la maternité, après avoir réussi à trouver un système de garde plus rassurant pour nos filles : sa sœur va venir relayer le papa de la crèche. Poupette et Nymphette seront ravies de découvrir leur tata adorée dans le salon au matin, et de mon côté, je suis vraiment très soulagée par cette solution.

L’attente

Samedi matin : toujours le calme plat pour moi. On décide de me monter en chambre et Mister F. rentre à la maison. Bien que je sois rassurée de savoir que les filles vont passer la journée avec leur père, qu’il pourra les préparer plus sereinement à l’arrivée imminente de Poussinet, je vois se redessiner en écho le déroulé de mon précédent accouchement qui s’était fini par un déclenchement dans le stress, sans Mister F. à mes côtés….

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Je tourne rond toute la journée, je marche beaucoup dans l’espoir de lancer le travail. RAS jusqu’au soir, 23h. Là, on me fait descendre en salle de naissance pour un monito de contrôle et un examen du col : toujours très peu de contractions, bien qu’elles se précisent un peu niveau douleur. La sage-femme qui m’examine me dit que le col a doucement commencé à se ramollir et que pour un troisième accouchement, c’est déjà suffisant pour avoir la péridurale : elle me propose alors de me garder en salle de naissance et de faire venir les anesthésistes. Lorsque je lui réponds, avec un peu d’appréhension, que je souhaiterais me passer de péridurale, elle me répond avec un énorme sourire que c’est moi qui décide et que je peux retourner tranquillement dans ma chambre pour attendre au calme que le travail se précise encore plus. Je suis vraiment soulagée de sa réaction : je sens qu’elle est motivée pour bien m’accompagner dans mes choix, ce qui n’avait pas du tout été le cas la nuit de la naissance de Nymphette où la sage-femme, visiblement débordée et clairement peau de vache, m’avait énormément mis la pression pour que je prenne la péri.

Bref, de retour à la chambre, je note la fréquence de mes contractions qui augmente rapidement. Vers minuit, j’appelle Mister F. pour lui demander de me rejoindre. Entre temps, ses parents sont arrivés chez nous et vont pouvoir s’occuper des filles pendant plusieurs jours : tout est parfait pour l’organisation pour elles, je peux me concentrer sereinement sur mon accouchement.

Les choses sérieuses commencent

Lorsque Mister F. arrive, on descend en salle de naissance : nouveau monito de contrôle et nouvel examen. Mon col ne bouge pas beaucoup, les contractions enregistrées par la machine paraissent minuscules alors que je moi je commence sérieusement à sentir la douleur. Je tourne, j’essaie plusieurs positions sur le ballon, debout, contre une table, mais rien de ne me soulage vraiment. Lorsque la fatigue commence à se faire sentir, je m’allonge à nouveau sur le lit, et je finis par trouver LA position qui va me soulager jusqu’au bout : allonger sur le côté gauche, les bras tendus au-dessus de ma tête, en extension, avec Mister F. qui m’oppose un appui.

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Le temps passe lentement…. On discute un peu, on finit par trouver le prénom de fille et je me sens enfin prête à rencontrer ce bébé qui a décidé d’arriver un peu plus tôt que je ne le pensais. Je redemande à être examinée et là, c’est la douche froide : mon col n’a pratiquement pas bougé, alors que je supporte de moins en moins les contractions.

Mister F. essaie de me changer les idées, je tente d’écouter une séance de sophro, mais je n’arrive pas à me concentrer sur la voix, la douleur prend le dessus. Au bout d’un temps qui me paraît infini, jerappelle la sage-femme : je sens que je ne vais pas pouvoir tenir. Celle qui s’occupe de nous n’est pas disponible, mais sa collègue, qui nous avait accueillis la veille au soir vient me voir. Elle prend le temps de m’écouter, puis elle me dit ces mots magiques :

Je crois en vous, vous pouvez y arriver. Déjà hier soir, j’ai vu combien vous étiez motivée, vous êtes prête et vous avez tout à fait le profil pour y arriver.

Ça peut paraître complètement artificiel, mais sur le moment, ça me fait un bien fou et je repars gonflée à bloc. Une nouvelle heure passe, les contractions sont de plus en plus douloureuses, mais mon col ne bouge toujours pratiquement pas. Je commence à désespérer, lorsque ma super sage-femme me propose timidement d’aller prendre une douche chaude. Elle a l’impression que la douleur m’empêche de lâcher prise et que c’est ça qui bloque.

Je crois que si j’en avais été capable, je lui aurais sauté au cou : je suis emballée par cette proposition qui, en effet, se révèle miraculeuse ! Une fois sous le jet d’eau brûlante, je ne sens pratiquement plus la douleur : mes muscles se contractent, mais la chaleur anesthésie mon bas-ventre et j’arrive enfin à me détendre. Je ne sais pas combien de temps je suis restée sous le jet chaud, à chanter pour m’occuper l’esprit : je m’y sentais tellement bien que j’aurais voulu accoucher là, dans cette douche minuscule !

Malheureusement, au bout d’un moment, je me sens faiblir et mes jambes peinent à me porter. Je retourne donc bien malgré moi m’allonger sur mon lit, et là, miracle, la sage-femme me dit que je suis passée en quelques minutes d’une dilation de 4 à 8 !

Je reprends espoir et je me dis que je suis capable d’y arriver, lorsque la douleur des contractions revient et augmente encore. A ce moment-là, ma position antalgique ne me suffit plus et je commence à perdre pied. Je demande à Mister F. de rappeler la sage-femme : lorsqu’elle arrive à mon chevet, je lui dis que je ne veux plus qu’elle parte, je veux qu’elle reste avec moi parce que les contractions sont moins douloureuses lorsqu’elle est là. Elle continue de m’encourager puis lorsque je lui dis que je n’en peux vraiment plus, elle finit par aller chercher sa référente (elle est élève sage-femme) qui m’examine à son tour et me propose un anesthésiant local, au niveau du col, pour permettre la dilatation finale. Je sens alors un apaisement presque immédiat et on me propose de commencer à pousser.

L’arrivée de Poussinet

Comme je le craignais, je me sens extrêmement faible, et j’ai beaucoup de mal à pousser sur une poussée bloquée, comme je l’avais fait pour mes aînées. Les sage-femmes me proposent alors une poussée sur l’expiration, ce que je trouve beaucoup plus naturel et plus facile à faire : je sens la contraction monter, et souffler m’aide à l’accompagner. Par contre, au bout de 3 ou 4 contractions, des cris de douleur m’échappent et je leur dis que je n’en peux plus : elles m’encouragent au mieux, mais moi je commence à en avoir assez de souffrir et j’en veux à ce bébé de mettre tant de temps à sortir (j’apprendrai ensuite sur mon compte-rendu d’accouchement que mon travail aura en tout duré seulement 2 heures !). Elles me proposent d’attraper sa tête mais je ne me sens pas la force de me plier en deux. Sur une dernière contraction, je sens enfin mon bébé naître et on me le pose sur la poitrine. La fatigue et le soulagement prennent le pas sur l’émotion de la découverte : je crois que je suis vraiment allée au bout de mes capacités physiques. Mister F. me dit alors que c’est un garçon, mais je n’arrive pas à le croire : je ne fais que des filles, moi !

Là commencent deux heures de bonheur absolu, où on s’émerveille devant notre poupon, où toute l’équipe de la nuit passe nous dire au revoir. Ma sage-femme nous dit qu’on est vraiment une super équipe, tous les deux, qu’on a fait un super travail : ces mots me touchent beaucoup, je réalise combien l’accompagnement discret mais continu de Mister F. a été parfait pour moi. Elle nous demande le prénom de notre fils, mais alors qu’on avait fini par converger sur le prénom de fille, on hésite entre nos deux coups de coeur garçon !

La fierté et le bonheur qui m’habitent sont immenses et je me repose tranquillement avec mon bébé tout neuf dans les bras…. avant d’enchaîner sur une suite beaucoup moins douce, dont je reviens vous parler bien vite.


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Et pour vous alors, comment ça s’est passé ? Une naissance avec ou sans péridurale ? Une naissance rapide ou mouvementée ? Et la découverte de Bébé, c’était comment ?

 

 

 

 

 

Entre amis

Mes priorités de l’année

wp-15791910144256457665981347596186.jpgJe continue sur ma lancée de début d’année à essayer de faire le point sur mes envies et mes besoins. Moi qui avais horreur des bilans, qui me sentais toujours nostalgique à l’idée de terminer quelque chose, je prends goût à ces points d’étape annuels.

Tout comme l’année dernière, je préfère me concentrer sur quelques priorités, sans me mettre la pression avec des résolutions que je n’arriverai pas à tenir.


Cette année sera forcément particulière puisque je reprendrai le chemin du travail à mi-parcours. Ce sera sûrement l’occasion de faire le point sur le premier semestre presque entièrement consacré à ma famille.

Je retrouve donc ma priorité n°1 : passer du temps avec mes filles. Bon, Poussinet ayant transformé ma sororiété en fratrie, je me vois obliger de modifier cet item, mais l’idée reste la même 😉

Du temps avec mes enfants

Cette année c’est avec Poussinet que je vais passer énormément de temps. Je n’avais pas pris de congé parental pour mes filles, et passer tous ces mois en tête à tête avec lui me paraît un grand luxe, même si parfois mes vieux démons viennent me hanter. Ne vais-je pas me perdre ? Vais-je supporter ces journées si particulières, à la fois si vides et si intenses ? Vais-je m’épanouir ? Serais-je capable de stimuler mon enfant comme il en a besoin, de l’accompagner dans son développement tout au long de ces longs mois ? Pour l’instant, j’arrive à profiter pleinement des bons côtés et encaisse plutôt bien la fatigue, mais verdict au printemps !

Je souhaiterais également pouvoir continuer à proposer à mes filles des moments de partage de qualité. Pour l’instant, le temps maussade et les grèves de la RATP ont raison de ma motivation vacillante, et nous n’avons pas encore fait de jolies sorties parisiennes depuis la naissance de leur petit frère. La fatigue est également très présente, et j’ai du mal à envisager sereinement une journée seule avec les trois. La dernière fois, je me suis entourée de mes supers acolytes de la crèche et nous avons mutualisé nos forces et nos enfants pour survivre à cette journée de warriors ! Dans un premier temps, je pense que je vais plutôt opter pour des temps séparés : mercredi après-midi pour ma grande Poupette et jeudi en fin de journée pour Nymphette. Nous aurons ainsi une petite routine hebdomadaire et chacune aura du temps privilégié avec sa Maman.

Suite à notre jolie soirée du Nouvel An à cinq, Mister F. m’a proposé que nous fassions régulièrement des apéros en famille : un repas simple et festif, mangé dans le salon pour que notre Poupette-la-bougeotte puisse gigoter à son aise et ponctué par des jeux et devinettes. Je ne sais pas si on arrivera à s’y tenir régulièrement : on est souvent happé par le stress du quotidien, mais je suis certaine que ça reste un bon moyen de profiter en famille, même si on ne le fait que rarement.

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Du temps pour moi

Ma priorité n°2, qui était de prendre du temps pour moi, est forcément à réajuster avec mon congé parental : ça peut sembler paradoxal alors que je passe tant de journées à la maison, mais je dois rester vigilante à ne pas m’oublier, à trouver du temps seule pour me ressourcer.

Heureusement, j’ai repris le chemin du conservatoire depuis le mois de novembre, et si jusqu’à présent je portais Poussinet en écharpe le temps de mon cours de chant ou de mes répétitions de chorale, nous avons récemment décidé de profiter de ces soirées pour que Mister F. lui donne un biberon de mon lait, ce qui me permet d’être réellement libre : quel sentiment euphorisant !

Je voudrais aussi réduire le temps passé sur mon téléphone (en particulier sur Instagram : mes publications se font d’ailleurs un peu moins fréquentes) et devant les séries. Ces activités sont tellement chronophages et ne permettent pas forcément de se ressourcer réellement. Alors oui, c’est plus simple de lancer un épisode que de reprendre sa lecture, surtout quand on a les neurones usés par 4 mois de nuits hachées, mais pour avoir essayé de réduire drastiquement les écrans depuis le début du mois, je vois vraiment la différence sur mon humeur de la journée.

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Et bien sûr, tenir ce blog, qui est une activité à part entière et nécessite d’avoir du temps pour moi, reste un challenge important pour moi : il y a parfois de longues périodes pendant lesquelles l’inspiration et le courage me manquent, mais j’y reviens toujours, avec la volonté de continuer à partager avec vous ces moments marquants que je vis ou mes questionnements du moment. Par contre, même si depuis quelques années déjà j’aimerais me diversifier et aborder des sujets plus profonds comme le féminisme par exemple, je n’arrive toujours pas à trouver le ton que je souhaite ou le temps d’organiser correctement mes idées.

Diminuer la charge mentale

Étant en congé parental, je récupère de plein fouet la charge de tenir le quotidien familial à flot. Jusqu’à présent, avec des boulots similaires pour Mister F. comme pour moi, notre équilibre était plus facile à maintenir, même si je dois dire que le compte @taspensea m’a ouvert les yeux sur tous les aspects cachés, la partie charge mentale justement, qui restait par défaut à ma charge.

Ces derniers temps, la fatigue des journées avec Bébé Koala ayant pris le dessus, j’ai demandé à Mister F. de s’investir concrètement pour rééquilibrer tout ça. Après plusieurs semaines à ne pas réussir à communiquer, à sentir la tension monter dès que le sujet était mis sur la table, nous avons enfin réussi à avoir une conversation productive. Les outils qu’on a mis en place semblent prometteurs, mais ils ne donneront rien si on n’arrive pas à trouver au moins une soirée par semaine pour échanger concrètement, les remplir ensemble et faire le point pour les réajustements nécessaires. Ma priorité n°3 va donc consister à veiller à ce que ce temps d’échange soit maintenu, au milieu de la folie qu’est devenu notre quotidien de famille nombreuse.

Du temps pour notre couple

Ce qui m’amène tout droit à ma priorité n°4 : nous trouver du temps de couple. Notre petit Bébé Koala a fait monter le degré de challenge à un niveau encore jamais atteint, mais ça n’est pas une raison pour jeter l’éponge et passer en mode survie à plein temps.

Cette année où je suis socialement plus isolée que d’habitude, j’éprouve encore plus le besoin d’avoir du temps pour notre couple. On n’est pas des champions, Mister F. et moi, pour conjuguer couple parental et couple amoureux, encore moins pendant la première année de vie de nos bébés où l’urgence du quotidien prend bien trop souvent le dessus.

Je ne me fais pas trop d’illusions, mais je me dis que de petites habitudes simples à mettre en place nous feraient déjà du bien : instaurer le resto à la maison hebdomadaire, accompagné d’un bon film plutôt que de l’habituelle série en cours ; profiter du ménage ou du linge pour papoter le soir…. Je sais, ça ne fait pas rêver, mais je reste réaliste : ce n’est pas cette année qu’on aura beaucoup mieux ! Mais bon, on ne sera pas parents d’enfants en bas âge toute notre vie ! 😉

J’adorerais qu’on puisse aussi s’offrir un week-end juste tous les deux, peut-être au début de l’été, mais l’organisation me semble compliquée.


Enfin, sans en faire une véritable priorité, j’aimerais aussi tendre vers plus de minimalisme sur plusieurs points. Mais c’est un sujet sur lequel je compte bien revenir un peu plus tard. Déjà, parce que je ne sais pas encore par quel bout prendre cette envie, et aussi parce que je suis sûre que vous serez de très bon conseil sur cette thématique assez nouvelle pour moi (#shoppingaddict).

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☆☆☆

Et pour vous, quelles  priorités, cette année ?

Entre amis

Rétrospective 2019

wp-15790024299804537183985135103588.jpgComme l’année dernière, je tiens à laisser par ici les souvenirs encore frais de l’année écoulée.

Non pas que je sois une grande fan de ces articles rétrospective qui, il faut bien l’avouer, sont un peu nombrilistes….

Mais j’ai toujours voulu que cet espace me permette de conserver les précieux souvenirs de cette phase, si intense, de ma vie. Alors je me prête au jeu, et je reviens en images et mois par mois, sur les souvenirs que je garderai de l’année 2019. Lire la suite « Rétrospective 2019 »

Côté couple, Entre amis, Un peu de moi

Toi et moi, c’est pour quand ?

20190430_155433Je réalise qu’il est bien rare que je parle de mon couple, par ici. Pourtant, je me livre beaucoup, sur ces pages, et il m’arrive de partager des choses très intimes. Mais le sujet du couple reste un peu tabou, pour moi. Sûrement par égard pour Mister F. qui, en grand discret, n’a aucune envie de voir sa vie sentimentale étalée sur internet.

Et pourtant, le couple, notre couple, est à la base du fonctionnement de notre famille : comment ne pas en parler sur ce blog dont le sujet de prédilection reste l’éducation ? Lire la suite « Toi et moi, c’est pour quand ? »