Entre amis

Mon allaitement de combattante

Alors que nous nous dirigeons doucement mais sûrement de manière radicale vers un sevrage complet de Poussinet, je prends enfin la plume pour vous raconter mon troisième (et dernier !) allaitement.

Je m’étais déjà longuement confiée à vous par ici à propos de l’allaitement de Nymphette, qui a été une étape douloureuse dans ma vie de maman. Un sentiment d’échec difficile à vivre sur le moment, et qui a teinté de stress l’allaitement suivant. Mais avec le recul, je pense que je n’aurais pas réussi une aussi belle aventure lactée avec Poussinet si l’allaitement de Nymphette ne s’était pas aussi mal passé.

Mais commençons par le commencement….

La préparation à la naissance

Avant même la naissance de Poussinet, j’ai tenu à être entourée par les bonnes personnes. Je l’avais bien vu avec Nymphette, les premiers jours sont vraiment cruciaux, pour un allaitement réussi. Je ne voulais pas prendre le risque de me retrouver avec les mêmes difficultés que les deux premières fois, à savoir des premières semaines idylliques, et une fin de lactation dès le premier pic de croissance.

Je me suis donc rapprochée de la sage-femme conseillère en allaitement qui travaillait dans ma maternité, et je lui ai demandé de faire mon suivi mensuel tout au long de ma grossesse. En plus d’une grande disponibilité et d’une écoute bienveillante et rassurante, elle m’a proposé un cours spécifique sur l’allaitement, au cours de mon 7ème mois de grossesse.

Du fait de mon allaitement précédent, j’étais déjà très informée. Mais cela m’a fait du bien de rencontrer d’autres femmes enceintes, toutes déjà mamans et ayant déjà toutes allaité qui, comme moi, se posaient encore des tas de questions. Et j’ai bien vu, au fil de la discussion qui s’est naturellement installée entre nous au cours de cette séance, que mon cas était un peu particulier. Sans rentrer dans les détails techniques, on peut dire que mon corps est loin d’être un champion de la lactation !

Bref, je suis sortie de ce cours avec une information importante : les six premières semaines sont capitales, il faut tout donner dès le début pour s’assurer d’une poursuite d’allaitement plus sereine.

Le séjour à la maternité

La naissance de Poussinet ayant été très compliquée physiquement et émotionnellement pour moi, je n’ai pas pu l’allaiter durant les premières heures, en salle de naissance. C’est seulement au bout de presque 20h de vie que j’ai pu lui donner sa première véritable tétée (enfin, une tétée pendant laquelle je ne me suis pas évanouie…!). En plus, avec mon fichu diabète gestationnel, les glycémies de mon bébé étaient surveillées de près et à la première valeur hors des clous, on m’a expliqué qu’il fallait lui donner un complément de lait artificiel. J’avais bien conscience de l’importance pour un nouveau-né d’avoir une glycémie stabilisée, mais le protocole exigeait que les trois repas suivants une valeur de glycémie hors norme soit des repas donnés au biberon. Je me suis alors battue comme une lionne, non seulement pour que le complément lui soit donné à la seringue et pendant une mise au sein, mais également pour qu’on me fournisse un tire-lait afin de stimuler ma lactation.

Devant ma détermination, la pédiatre du service est passée me voir, et m’a assurée que si ma lactation commençait dans la journée, et que la prochaine mesure de glycémie était normale, on pourrait tenter de repasser sur un allaitement exclusif : première victoire !

J’ai donc, dès la maternité, retrouvé ma grosse Bertha (aka le tire-lait symphony de Medela), et elle ne m’a pas quittée pendant les dix mois qui ont suivis.

Les premières semaines

Malgré l’immense fatigue physique suite à mon hémorragie de la délivrance, je me suis accrochée pour assurer un maximum de tétées quotidiennes pendant les premières semaines. En plus des repas de Poussinet, je tirais mon lait deux à trois fois par jour, afin d’assurer une stimulation maximale.

Alors certes, c’était une sacrée organisation. Mais heureusement, la présence de nos parents et de Mister F. pendant les deux premières semaines de vie de Poussinet m’a permis de mettre en place cet emploi du temps millimétré ! Et comme ça, j’étais assurée d’avoir deux à trois créneaux d’une vingtaine de minutes où j’étais seule, tranquille dans ma chambre, au calme, avec ma meilleure amie du moment, j’ai nommé, Fraulein Bertha 😉

Finalement, ces moments de tirage étaient autant de petites pauses dans mes journées en collé-serré avec mon bébé koala.

Pendant les deux mois qui ont suivi, j’ai eu des rendez-vous réguliers avec ma sage-femme conseillère en allaitement. Peu après le pic de croissance des six semaines, j’ai eu une phase compliquée : Poussinet s’énervait rapidement au sein, surtout en journée, et réclamait très souvent. Ma sage-femme m’a alors montré une astuce pour être sûre de bien « vider le sein » et assurer une lactation adaptée.

Alors que j’étais encore hésitante et stressée à l’idée d’espacer le suivi, elle m’a dit cette phrase rassurante :

quand je vois comment il se positionne, et comment vous réussissez à bien l’accompagner, je ne suis absolument pas inquiète

Jusqu’à 6 mois

Boostée par les paroles de ma sage-femme, j’ai vécu les hauts et les bas des mois suivants en étant un plus sereine. A chaque fois que Poussinet recommençait à s’agiter au sein, j’essayais de ne pas insister, et de remplacer la tétée manquante par un tirage.

Cela a permis à Mister F. de commencer à lui donner ses premiers biberons, pour son plus grand bonheur. Et de mon côté, j’ai pu, doucement, retrouver un peu de liberté.

J’ai préféré continuer à maintenir un tirage journalier, chaque soir, histoire de me rassurer et de pouvoir fournir à Mister F. un biberon quotidien, à partir du 4ème mois.

Les mois défilaient et, à chaque nouveau cap, je voyais cela comme une victoire qui me laissait aussi fière qu’incrédule.

La fin de la première année

A partir de la diversification, les tétées se sont faites beaucoup plus sereines, plus naturelles. Mister F. a insisté pour que je rende ma grosse Bertha à la pharmacie au début de l’été, avant notre départ en vacances. J’appréhendais cette étape, pensant ne pas réussir à maintenir une lactation suffisante, mais Poussinet a continué à apprécier les tétées, surtout la nuit !

Au moment de ma reprise du travail et des journées chez la nounou pour Poussinet, j’ai très facilement réussi à réduire le nombre de tétées quotidiennes. Il a conservé uniquement une petite tétée juste avant le repas du soir, souvent bien vite abrégée dès qu’il entendait son papa appeler ses soeurs pour manger ; et une autre plus longue et plus calme, au moment de l’endormissement.

Le sevrage

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes dans la phase de sevrage. J’aurais adoré pouvoir rester sur un rythme avec une tétée quotidienne au moment des retrouvailles le soir ou de l’endormissement, mais Poussinet continue à énormément me solliciter, la nuit. Non pas réellement pour satisfaire des fringales nocturnes, mais plutôt par besoin de réassurance. Et cette réassurance passait forcément par une mise au sein. Mister F. se trouvait complètement impuissant devant un Poussinet de plus en plus énervé et hurlant parce qu’on lui refusait ce qu’il avait toutes les nuits…

Bref, la fatigue de plus d’une année de nuits hachées a été la plus forte, et nous avons donc décidé que Mister F. partirait pendant 10 jours avec Poussinet, afin de lui apprendre à faire ses nuits loin de sa maman.

J’aurais préféré un sevrage plus en douceur, mais notre organisation familiale ne nous l’a pas permis. Je sais mon petit bébé suffisamment grand pour réussir cette étape, accompagné par son papa qui passe ses nuits à le bercer et finit bien souvent par le prendre dans le lit avec lui.

J’aurais également aimé pouvoir décorréler l’apprentissage des nuits et la fin de l’allaitement, mais c’est pleinement apaisée et sereine que je vois notre aventure lactée se terminer.

Et pour vous, c’était comment, l’allaitement ? Une évidence ? Une étape naturelle dans votre maternité ? Ou alors ce n’était vraiment pas fait pour vous ?

13 réflexions au sujet de “Mon allaitement de combattante”

  1. Un grand bravo ! Tu auras réussi à prendre une revanche sur tes frustrations d’allaitement. Tes seins peuvent prendre leur retraite fièrement XD !
    ça se passe comment le tout au rien pendant la nuit pour toi sans ta copine Bertha ?

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, merci ! Et en effet, je vois vraiment ça comme une revanche 💪🏽
      J’adore l’idée de mes seins qui vont prendre leur retraite, même si j’espérais qu’ils puissent encore servir à une autre utilisation 🤣
      Quant à la transition brutale, ben après 72h un peu tendues (au sens littéral du terme), ça semble aller mieux et s’être résorbé. J’étais assez sereine sur ce point, parce que je commence à me connaître, mais j’imagine que cela aurait pu être une transition plus compliquée pour une allaitante qui produit plus ?

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