Avec bébé, Mum of two

Mon bébé escargot

20180206_182401.jpgNymphette est un bébé escargot. Un bébé qui prend son temps, qui n’est pas pressé, qui se développe lennnnnntement.

Et je sais qu’il y a des tas de mamans à qui cela convient, qui ne sont pas pressées de voir leur petit grandir, qui bénissent cette période de la première année. Et je les admire, vraiment.

Parce que moi, j’aime pas ça, être la maman d’un bébé escargot.

Je me rends bien compte que c’est idiot de faire une fixette là-dessus. Ma fille est en bonne santé, son développement, bien que lent, est normal. Elle prend simplement son temps et ne semble pour l’instant pas intéressée par la motricité.

Je le sais, je me le répète et j’essaie de me raisonner.

J’essaie de faire taire ce sentiment qui me prend aux tripes lorsque je vois un autre bébé de son âge, et que je ne peux m’empêcher de comparer son comportement à celui de ma fille.

J’essaie de lui faire confiance, de lui donner le temps dont elle a besoin pour se développer en toute sérénité.

J’essaie de ne pas être impatiente et de profiter de cette période-là.

Oui, mais je n’y arrive pas.


C’est comme si une angoisse sourde m’empoissait et me brouillait le cerveau. Je vois ma fille qui n’évolue plus depuis des semaines et des semaines.

« Elle est occupée à autre chose ! » disent les uns.

« Elle n’est pas pressée ! » disent les autres.

Et chacun y va de son petit commentaire et cherche à lui trouver une compétence ou une autre. « Mais elle fait bravo ? Elle se tient assise ? Elle mange toute seule ? Elle sait tenir son biberon ? »

Et malheureusement, moi la première… Je subis cette pression mais la nourris également. Je tombe dans le piège des comparaisons avec les petits camarades de crèche, avec les enfants des copains, avec les bébés des copinautes ou ceux croisés sur les réseaux sociaux.

Le piège ultime, et d’autant plus ridicule que j’en suis consciente.

Je m’en veux et j’essaie de cesser, mais je n’y arrive pas. Et ça me rend triste.

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Alors voilà, j’aurais pu faire un article listant ses compétences autres que celles impliquant la motricité globale, histoire de me rassurer.

J’aurais pu vous appeler à l’aide et vous demander de me consoler, de me donner des contre-exemples.

J’aurais pu aussi choisir la facilité et pousser un coup de gueule contre cette pression extérieure qui pousse à être compétent et à suivre les normes dès le plus jeune âge. Cette pression que je subis au quotidien, que je dénonce et contre laquelle j’essaie, sans succès visiblement, de lutter. Cette pression dont j’aimerais protéger mes filles.

Mais je préfère m’interroger sur ce que l’évolution si lente de mon bébé escargot fragilise en moi pour que je me sente si insatisfaite d’être la mère de cet enfant-là.

Peu importe en fait, de savoir ce qu’elle fait, pour de vrai. La question c’est plutôt de savoir pourquoi moi, ça me tient tant à coeur de la voir grandir et évoluer ?

Est-ce un besoin de me rassurer sur le temps qui passe ? Est-ce que vouloir la voir faire des choses de grande et s’éloigner du tout petit bébé me permettrait de réaliser que l’on s’éloigne de la période dure, des réveils compliqués à gérer, des incompréhensions sur lesquelles elle ne saura pas mettre de mots avant longtemps, des angoisses indicibles qui nouent les tripes de tout parent ne parvenant pas à comprendre et donc soulager son enfant ?

Est-ce un besoin de me rassurer sur mes compétences de mère ? Moi qui me sens déjà si impuissante à ne pas réussir à l’apaiser la nuit, à lui donner la sérénité dont elle a besoin pour dormir jusqu’au matin ? Ai-je besoin de me prouver, pendant la journée, en la voyant évoluer dans son environnement, que même si mon bébé ne dort pas bien et ne mange pas de bon appétit, il grandit, il évolue, il s’épanouit et développe ses compétences ?

Est-ce un besoin de me rassurer sur mon enfant ? Je dis que je ne suis pas inquiète, puisqu’à côté de ça je la vois éveillée, attentive et pertinente dans son environnement. Mais malgré tout, il m’est impossible de faire taire la sourde angoisse qui part de mon ventre et qui ne s’évaporera que dans bien longtemps, lorsque je serai pleinement rassurée sur le fait que ma fille « peut y arriver », comme les autres.

Alors voilà, je ne sais pas ce qui me rend si fragile et me blesse tant à la voir prendre son temps. Mais je sais que j’admire tous ceux, à commencer par Mister F., qui vivent cela avec un recul et un détachement dont je suis bien incapable.

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65 réflexions au sujet de “Mon bébé escargot”

  1. Pas facile du coup de réagir à ton article, qui est très touchant. Tu t’accuses de manquer de recul mais l’angle que tu as choisi – t’interroger toi plutôt que de chercher une réponse dans les compétences de ton bébé – est une piste de travail pleine de sagesse. Mais être honnête avec soi-même ça ne veut pas dire obligatoirement être trop sévère ! Cela me fait penser à un épisode du podcast Change ma vie, qui traite de « se parler gentiment » (épisode 39, je viens de checker). L’auteur demande si on oserait dire à une copine « tu as complètement échoué en tant que mère car ton enfant ne fait pas ses nuits » – alors qu’on a aucune hésitation à le penser pour soi-même. Elle donne des pistes pour mieux se parler/s’encourager. Tu y trouveras peut être des idées pour être plus sereinement une Maman de bébé escargot 🐌

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    1. Quelle belle manière, et tellement parlante, de présenter les choses. Merci de me donner ce nouvel angle de réflexion…. Je vais profiter de mon trajet en train de ce soir pour écouter cet épisode, et je suis sûre que je vais beaucoup m’y retrouver.

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  2. Ton article me touche particulièrement … je trouve qu’il est plein de douceur au contraire et que ton questionnement est avant tout le fruit de ton amour pour elle. Le détachement n’est absolument pas facile à avoir concernant le développement de son enfant et la comparaison est parfois inévitable … Cela vient du fait que nous sommes tellement content des progrès de nos enfants que nous aimons partager que lorsque finalement rien ne se passe : on se questionne…

    Ma fille ne répond en rien aux « critères » de son âge et elle n’a jamais rien fait aux âges où elle était « censé » le faire. Puis d’un coup, les choses ont évoluées mais elle grandit à son rythme. Sur certains points elle est avance et sur d’autres pas pressée la petite (ça fait des mois qu’elle traîne avec 2 dents ah ah ah ).

    Du fait que j’ai une culture différente de mon mari, chez nous il n’y absolument pas de « pallier » selon les âges. Personne ne pose de questions, ne donne des conseils ou encore ne fait la moindre remarque. Pour nous, chaque enfant est unique et nous en tant que parent nous ne sommes en rien responsable de son évolution. Nous faisons nos choix en accord avec ce que nous souhaitons transmettre et nous laissons l’enfant grandir et nous nous adaptons. C’est comme ça que ma mère m’a porté jusqu’à l’âge de 5 ans (je n’aimais pas marcher), qu’elle est venue me chercher tous les midis à la maternelle (je n’ai jamais fait de sieste), et j’ai dormi très longtemps avec elle en cododo (juste pour le plaisir c’est tellement bien d’être à côté de sa mère) !

    Bref, tous cela pour dire que ton bébé est peut être lent pour toi mais pour elle c’est ce qui lui faut comme rythme et cela fait de toi une excellente mère parce que bien que tu te questionnes sur cet état tu ne la brusque pas. Tu l’observes, tu fais de ton mieux : tu parviens parfaitement à subvenir à ses besoins à l’instant T. On a toujours de l’angoisse pour ses enfants c’est tout à fait légitime mais concernant l’évolution nous n’y pouvons rien car chacun grandit à son rythme et quand il veut surtout !

    Bon courage à toi 🙂

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    1. Merci pour tes mots, qui me font beaucoup de bien. Depuis que tu as écrit ce commentaire, je le lis et le relis, et ça m’apaise. Quelle richesse, cette culture différente qui t’a permis d’appréhender l’évolution de la fille avec une belle sérénité !
      Encore merci ❤

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  3. C’est difficile de commenter ton article qui est tellement touchant… Parce qu’évidemment c’est difficile de trouver quelque chose que tu n’aies pas déjà entendu… Finalement tout ce qui reste c’est le mantra de notre grande prêtresse à toutes (chat-mille) : « ça passera ». Tu y repenseras même sans doute un jour avec émotion et un brin de nostalgie quand elle descendra les Champs-Elysée en tenue de polytechnicienne (si si) .

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    1. Ahah ! Ça me fait bizarre de me projeter si loin, mais tu as raison : cette période reste une toute petite partie de sa vie, même si, pour moi, en ce moment, ça représente toutes mes journées.
      Cela dit, je garde encore un regard assez sombre sur cette même période pour Poupette, que je trouvais également trop lente dans ses acquisitions (et pourtant, Nymphette l’est encore plus !) : je ne suis pas encore apaisée sur le sujet, et cette période actuelle fait également ressortir tout ça….

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  4. Je te comprend. Bébé escargot ici aussi. Ça m’a beaucoup stressé au début. Mais je t’avoue que maintenant à l’inverse quand je vois les bébés des copines qui se mettent debout et bah je suis contente d’avoir encore un petit bébé qui rampe et se traîne ! Mais il est un peu plus grand et et certaines étapes m’ont quand même bien stressé…

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  5. Je suis triste pour toi de lire cet article. Ta fille est loin d’être en retard et je sais pas si ça va te rassurer, mais ma fille a très peu manger solide jusqu’à ses 1an et concernant ces nuits, malheureusement, ça reste toujours un point sensible même si on est sur la bonne voie (il est tant !! )
    Concernant ton angoisse, il n’y a que toi qui sais d’ou ça peut venir. Peut-être qu’en tant que maman hyper speed, tu aimerais que ta fille soit un peu comme toi ? Peut-être que ta fille par son comportement te demande de ralentir un peu ? (ce ne sont que des hypothèse hein ? )
    Mais je garde toujours en tête : nos enfants sont nos maîtres. Si un de leur comportement nous dérange, généralement, ce n’est pas dû au hasard.
    J’aimerais bien te dire de ne pas trop te triturer le cerveau, mais je crois que c’est cause perdue !

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    1. Merci de tes pistes de réflexions ! Je ne sais pas si je suis tant que ça une maman hyper speed : j’ai souvent l’impression que tu as cette vision de moi un peu erronée 😉
      Par contre, ce qui est vrai, c’est que j’ai ce besoin viscéral « d’avancer », « d’aller de l’avant » : peut-être que c’est plus cela qui me rend cette période lente un peu compliquée à appréhender ?

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  6. J’ai aussi du mal à trouver les mots suite à ton article. Des phrases, tu as du en entendre des centaines, qui aillent dans ton sens ou non… Et puis mine de rien, on nous met quand même une sacré pression, rien qu’en lisant le carnet de santé! Du coup, difficile de prendre du recul même si on veut faire confiance à notre bébé et que tout nous dit que ça va.
    De mon côté, j’avais aussi hâte de Tess s’éveille que ce soit niveau motricité ou communication car oui, je pense que grâce à ça, je voyais le bout du tunnel un peu plus proche… Bientôt nous allions nous comprendre, lui faire gagner en autonomie, etc. Pour bébé 2, je ne sais pas du tout qu’elle sera mon attitude. Fais toi confiance mais fais lui confiance à elle également 🙂

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    1. Oui, comme tu le dis, la pression, on l’a de tous côtés, à commencer par le corps médical ou l’entourage. Et quand on est une maman un peu sensible, c’est d’autant plus dur de trouver le recul nécessaire pour le vivre bien.
      Je crois que, pour moi aussi, la communication est un moment clé et je suis persuadée que ça s’apaisera à partir de ce moment-là….

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  7. Je ne sais pas quoi t’écrire qui t’a déjà été dit pour te rassurer. C’est très touchant.
    Tu te remets déjà beaucoup en question, tu recherches déjà tes failles. Je pense que tu es une très bonne maman qui a envie du mieux pour son enfant et de vouloir encore faire mieux. Laisse toi du temps et laisse lui aussi du temps.

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  8. Je rejoins beaucoup les commentaires précédents. Et je pense que notre société où tout est normé, caricaturé, étiqueté, n’aide pas. Le fait de bloguer non plus. Tu as les images (jolies et séduisantes) que les autres te montrent, mais pas forcément la réalité. J’étais une petite fille lente. Je ne sais pas trop pourquoi. Je ne mangeais absolument rien, avais peur de tout, et côté motricité je pense que j’ai découvert certains de mes membres à 20 ans ! La seule différence,c’est que je n’ai pas eu des parents comme toi (et j’imagine ton mari aussi :-D) tu peux l’être avec tes enfants. Ne doute pas de tes compétences, ta fille développe autre chose. Et peut-être qu’en effet elle t’enseigne que « son » monde n’est pas dans la vitesse, mais dans la lenteur, l’assurance qui viendra petit à petit. Accompagne la dans son cheminement, ça ne sert à rien (j’imagine) de la brusquer. Bon courage – les enfants nous enseignement toujours qqch sur nous…Ne sois pas trop dure avec toi-même !

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    1. C’est sûr que l’aspect blog n’aide pas dans ces moments-là : on a besoin de se raccrocher à quelque chose de similaire, de comparer, et c’est bien humain ! Mais on perd de vue que ce qu’on nous donne à voir n’est qu’une image partielle de la réalité.
      J’essaie de ne pas douter de mes compétences, mais ce n’est pas facile. Et oui, tu as raison, son rythme n’est pas le mien, mais c’est son monde qui prime dans cette période de sa vie.

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  9. Coucou Louna, ma petite fille a le même âge que Nymphette alors forcément ça me parle… Elle est bébé rapido sur certains aspects et bébé escargot sur d’autres. Par exemple, elle ne s’exprime que par des sortes de cris, elle ne babille pas, ne fait pas de sons avec des consonnes, alors que je lis que ça fait des mois qu’elle aurait dû commencer. Par moment, ça m’inquiète, me questionne (et je suis la seule, le papa, les grands parents ne s’en aperçoivent même pas) et puis j’arrive à passer à autre chose. Alors, je comprends bien ta souffrance de faire une fixette sur la lenteur du développement de Nymphette. Dans quelques mois ça sera oublié. J’espère qu’écrire cet article t’aura un peu soulagé de ton sentiment d’insatisfaction.
    PS : elle est belle ta fille ! Et elle tient son bib, moi je trouve ça super ! J’essaie d’apprendre à la mienne qu’elle peut y arriver aussi 😉

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    1. Merci pour ton commentaire qui me touche beaucoup ! Ça me rassure que d’autres mamans éprouvent aussi ces sentiments d’angoisse ou de stress : finalement on ne fait que s’inquiéter pour notre bébé, et ça, je crois que c’est incontrôlable !
      Et oui, écrire cet article, lire vos commentaires à toutes et, surtout, en discuter avec Mister F. m’a bien soulagée.

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  10. On en a déjà discuté mais en tant que maman d’un bébé escargot aussi et même si ça m’inquiète peut être moins (c’est ma première aussi donc les comparaisons sont moins évidentes), je te comprends ! Moi je sais que j’ai hâte qu’elle soit plus autonome et qu’elle se passe un peu plus de nous. Et puis oui ça signifierait que le bout du tunnel se rapproche ! Enfin j’espère !

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  11. OHlala cet article me parle beaucoup. Mon bébé n’est pas du tout pressé non plus et après un bébé fusée, j’ai beaucoup beaucoup paniqué.
    J’ai passé les premiers mois à ne me focaliser QUE sur ça et cela m’a beaucoup angoissée.
    Depuis quelques semaines, elle évolue sur certaines choses et j’essaie de travailler sur moi. J’ai encore des rechutes, surtout quand je vois des bébés de son âge.
    La comparaison met tellement la pression.
    Je vous souhaite de rire un jour de tout cela !
    Je t’embrasse.

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    1. Ahah ! Et dire que ta petite Lavande est l’un des seuls bébés que dont je continue à regarder l’évolution sans sentiment d’angoisse ! Je n’avais pas l’impression qu’elle n’était pas pressée : moi, elle m’allait bien, elle me rassurait ! 😉
      Par contre, moi je n’ai pas eu de bébé fusée avant, donc je n’arrive pas à me sortir de la tête qu’il y a une part de responsabilité dans cette situation qui se répète en pire….
      Et oui, la comparaison met une pression folle : bravo de parvenir à lâcher prise ! Je vais essayer de suivre ton exemple !

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  12. Je crois que nous sommes beaucoup à tomber dans ces travers malgré le fait que l’on en soit conscient… C’est aussi le piège des réseaux sociaux, cette comparaison permanente. Et quand à ce que cela signifie chez toi ? Que tu es comme beaucoup, ne t’inquiète pas. Tu veux le bonheur de ta fille, la normalité, la norme, la moyenne, être comme tout le monde, cela rassure…
    Bref, si tu as le moindre doute, parles-en au pédiatre ou médecin qui suit ta fille, il devrait pouvoir te rassurer !
    Virginie

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  13. C’est difficile de se raisonner quand ce sont les tripes qui parlent. Je me suis fait beaucoup de soucis pour mon aînée qui était un bébé escargot aussi, au point de vouloir l’emmener voir un psychomotricien! Mais mon mari-lui aussi- m’a raisonnée. Avec le recul d’un 2e bébé- fusée celui là-, je comprends et j’analyse mieux la pression que je nous ai mise à elle et à moi.
    Tout d’abord, la motricité globale, c’est ce qu’on voit tout de suite : bébé à 4 pattes = bébé dégourdi aux yeux de tous (c’est-à-dire la crèche, les grands parents et autre tata Fernande…). Enfin au départ, car après 2 ans on appelle ça un « enfant bougeon » et on est plus content de le voir « bien parler » et « jouer calmement » (dixit Tata Fernande). Forcément on a beau essayer de les mettre de côté, ces « on dit » s’imprègnent en nous.
    Et puis pour moi l’EJE grande prêtresse de la motricité libre, quelle honte que ma fille ne sache pas faire en temps et en heure ce qu’on attendait d’elle alors que j’en avais appliqué chaque précepte à la lettre! Elle venait contrarier mon rêve de maman, celui que j’avais forgé au creux de mon ventre, ma rêverie de bébé idéal. Je crois que c’était ça le plus dur, et à mon avis nos enfants nous renvoie tous un peu à ça. Ils suivent un chemin différent que celui qu’on avait planifié (et c’est sûrement tant mieux) mais ça vient nous esquinter les tripes. Parfois l’introspection permet de comprendre pourquoi. Parce que nous aussi on était une petite fille qui prenait son temps et qu’on nous a houspillé/pressé? Je crois sincèrement que quand nos tripes se serrent de cette manière là, c’est notre petit enfant intérieur qui parle.
    Par ailleurs, toujours avec le recul d’un 2e enfant dit « degourdi », je me rends compte qu’en fait mon aînée savait faire plein de choses que ma 2e ne sait pas faire au même âge. Des choses bien moins voyantes mais qui étaient là : observer, être en relation avec d’autres, son intérêt pour les livres et les chansons…
    Voilà c’est facile de parler aujourd’hui avec ce recul là aujourd’hui mais sache qu’ à l’époque cela m’avait beaucoup fait souffrir aussi, surtout que dans ma famille j’étais déjà moi aussi le bébé escargot dont on se moquait gentillement (et je crois que j’ai une piste de pourquoi c’était donc douloureux pour moi).

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    1. Merci beaucoup pour ce long commentaire, que j’ai déjà relu à plusieurs reprises : ça me fait beaucoup de bien de lire ça. Je me retrouve dans tes angoisses et ça me rassure que même toi, EJE, tu te sois fait prendre au piège.
      Comme tu dis, l’introspection permet parfois de mieux comprendre, de trouver des raisons à notre état d’angoisse ou de mal-être. Mais rien de bien clair, chez moi, rien qui ne me saute aux yeux pour expliquer pourquoi je le vis si mal.
      Tu vois, à te lire, je continue à envier ton second bébé, ton bébé fusée : je crois qu’un bébé escargot, j’étais capable d’encaisser, mais deux, là, ça commence à faire trop. Parce que, comme tu dis, la motricité, c’est ce qui saute aux yeux. Et visiblement, ça me tient beaucoup à coeur que les autres, la crèche, les grands-parents et Tata Fernande, voit à quel point mon bébé est extraordinaire, bébé escargot ou pas.

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  14. Je vais te dire ce qu’un pote graveleux (ça doit bien être la première fois que je le cite) a sorti à une amie qui n’arrêtait pas de se vanter de ses filles précoces. Il lui a dit : « j’espère que tu nous le diras aussi quand elle perdra sa virginité à 11 ans ». C’est trash mais ça veut dire ce que ça veut dire… Prendre son temps ce n’est pas spécialement une mauvaise chose quoi qu’en dise les parents crâneurs 😉

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  15. Je ne sais pas quoi te dire face à ces angoisses…j’ai eu des bébés escargots (tenir assis assez tard, premières dents vers 11 mois, marche à 15 et 17 mois…!) mais je t’avoue que ça ne m’a jamais inquiété, je n’ai pas cette tendance à comparer avec les autres enfants, je me dis que chacun avance à son rythme, pour moi tant que ton bébé est heureux, épanoui,ce qui semble le cas pour nymphette, c’est que ça va 🙂 ! Et en tout cas le rythme de ton enfant ne veut pas du tout dire que tu es une mauvaise maman , ça s’est sûr 😉 ! J’espère que cet article, de poser des mots sur cette angoisse, t’aidera déjà à prendre un peu de recul :-). Bisous.

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  16. Comme beaucoup, il est difficile de commenter un article si touchant … des fois, je me demande si c’est n’est pas encore plus compliqué quand c’est un deuxième qui fait son bébé escargot, on nous a tellement promis un deuxième plus dégourdi grâce à la présence de l’aîné … 😒
    Et je ne sais pas quel est ta place dans ta fratrie, mais je crois que moi j’avais aussi peur des répercussions « négatives » de comparaison extérieur (et involontaire de ma part) sur LutinCoquin vis a vis de FeuFolet …
    Maintenant qu’il est plus grand et que tous s’accélèrent, je me rend compte aussi que définitivement, je n’aime pas la période « petit bébé », ce qui n’aide pas …

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    1. C’est sûr que de voir Nymphette encore plus lente que ne l’a été Poupette, alors qu’elle n’était déjà pas bien rapide, n’aide pas à être sereine. Par contre, je n’ai pas d’appréhension particulière concernant des comparaisons extérieures….
      Et je me rends compte, moi aussi, que je n’aime définitivement pas la période « petit bébé » : peut-être est-ce pour ça que j’aimerais qu’elle passe plus vite ?

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  17. Oh ton article est tellement touchant !
    Ton approche est vraiment pertinente, d’essayer de comprendre ce qui te touche toi dans ton rôle de maman c’est la preuve que tu essaies de prendre du recul par rapport à cette situation.
    Je crois que peut importe l’évolution de notre bébé, il y a des choses dans leur comportement qui nous font nous interroger sur notre rôle de maman : il mange peu, il dort peu, il est cascadeur… Bref, on se retrouve face à un petit être qui nous oblige à faire face à nos peurs, nos fragilités en tant que parents.

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    1. Tu as raison : lorsqu’une fragilité sous-jacente nous ronge, on trouve toujours le moyen de l’exprimer par des angoisses successives. Finalement, je focalise là-dessus, mais peut-être que ça serait autre chose si Nymphette était une championne de la motricité ?

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  18. Je trouve ton article très sincère et touchant … je ne sais pas trop quoi te dire qui n’a été déjà dit… Je crois que tes inquiétudes et ton angoisse sont légitimes (et certainement non fondées !). Mais tu es une maman, qui ne vit pas en autarcie et qui donc croise forcément d’autres mamans, d’autres enfants… et comme chacun sait la maman aime se vanter des progrès de son enfant, donc il est impossible de ne pas être dans la comparaison ! Tandis que peu de mamans mettent en avant leur doutes comme tu le fais …
    Quoiqu’il en soit, je comprend tout à fait ton sentiment. Un jour, j’ai fais part de mes questions sur le développement de mon fils à sa pédiatre, qui m’a répondu « Votre fils est un enfant qui prend le temps de bien appréhender les choses, il prend peut être plus de temps mais quand il passe une étape, il ne revient pas en arrière ». Sur le moment j’ai trouvé ça curieux mais je peux t’assurer que 3 ans plus tard, je me rappelle encore de cette phrase en me disant qu’elle l’avait parfaitement cerné ! Il prend le temps d’être sur de lui avant d’y aller, mais une fois qu’i y va; il ne revient pas en arrière ! Que ce soit pour les grandes étapes comme pour les petites …

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    1. Merci beaucoup ces mots : ça me fait du bien de lire que c’est naturel, ce besoin de se vanter des progrès de son bébé. Et qu’il est impossible d’échapper à la comparaison quand on vit dans la société qui est la nôtre. Je crois que moi aussi j’aurais besoin d’un pédiatre comme le tien, capable de rassurer la maman inquiète en moi, mais je sais d’expérience (douloureuse expérience) que c’est illusoire d’espérer trouver ça chez mon pédiatre.

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  19. cet article me parle, évidemment, maman d’un garçon de 3 ans qui a fait tout trop vite, et d’un bébé de 8 mois, que je peux qualifier de bébé escargot! mais j’ai pris le parti de le laisser vivre! même si parfois, l’anxiété me submerge, j’essaie de prendre sur moi et de faire fi des remarques de l’entourage, je me concentre du coup sur tous les progrès qu’il fait chaque jour, prenant en compte que tant qu’il évolue c’est que tout va bien! alors je prends sur moi et mon bonhomme fait son chemin, même s’il a pris le chemin de gauche pour y arriver, le but est le même!

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  20. Je comprends en partie ce que tu dis… #teambebeescargot. Ça ne m’ennuie pas toujours mais pour avoir connu les deux extrêmes ça me fait bizarre parfois. Par exemple numéro 2 porte des vêtements dans lesquels numéro 1… marchait. Impossible de ne pas comparer ! Je commence à bien me souvenir de ce que faisait numéro 1 à 9 mois : il passait son temps à quémander nos mains pour marcher et se mettait debout seul depuis belle lurette. Il ne pensait qu’à ça : marcher, inlassablement. On s’est bien cassé le dos. C’était l’époque où, tous les jours, il se levait à 5h. Alors, tout n’est pas rose de ce côté là avec numéro 2, mais ce ne sont pas toutes les nuits qui sont pourries, contrairement à celles de numéro 1 à cet âge. On est fatigués, mais pas au bord de l’épuisement. Pas encore ! Lol.
    Bref. Je ne sais pas ce que je préfère. Un bébé pressé c’est vrai que c’est carrément fatiguant, mais c’est aussi une telle fierté. On se console de nos nuits en se disant qu’il va tellement vite que c’est impossible qu’il ait des nuits paisibles. Avec un bébé plus calme, on se dit qu’au moins on aura des nuits calmes aussi. Quand ce n’est pas le cas, je trouve que c’est plus dur à accepter. Ce qui m’agace ce n’est pas son manque de motricité mais plus sa façon de se tenir lorsque on l’a dans les bras : j’ai toujours l’impression d’avoir un bébé de 5 mois, je suis obligée de le tenir à deux mains, impossible de donner la main au grand en même temps, impossible de porter autre chose : il se penche en avant, en arrière, ne s’accroche absolument pas… Ça ça m’énerve bien oui. Après, pouvoir le laisser s’amuser seul sur son tapis, c’est tellement agréable et pratique pour l’organisation de la journée…
    Du coup je ne sais pas si ça me plait ou pas, d’avoir un bébé escargot… Je suis partagée on va dire. Et puis, c’est vrai que sous jacent à tout ça, il y a la peur. La peur que notre bébé soit en retard, qu’il y ait un vrai problème. Et quand on n’aime pas forcément la période « bébé » (Je suis pareille) c’est vrai qu’on se demande quand on en sortira, avec un bébé escargot !
    Ou la, j’ai fait une tartine… pardon. Merci de m’avoir fait réfléchir à tout ça… ❤

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    1. Encore un exemple avec deux bébés très différents sur ce point ! Ca ne me rassure pas, parce que moi, je les cumule, les bébés escargots ! Et je crois que c’est aussi cette répétition qui me gêne : j’avais déjà tellement mal vécu la première année de vie de Poupette, c’est dur de revivre ça à nouveau.
      Mais bon, je vois qu’en ce qui concerne nos bébés actuels, on se rejoint sur pas mal d’angoisses et de frustration : ici, je me dis que, si au moins elle dormait sereinement, ça serait pas si mal ! Et puis que de la voir progresser nous permettrait de voir s’éloigner plus vite la période bien reloue de tout-petit bébé.

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      1. C’est rigolo ce que tu dis car je ne vois pas Poupette comme un bébé escargot. Peut-être que je ne me souviens plus de sa première année, je ne suis plus sûre que je te suivais déjà à l’époque, mais j’ai souvent trouvé qu’elle était plus dégourdie que Number 1 : ses dessins magnifiques, son imagination… Je me souviens d’elle sur sa trottinette, filant comme le vent, à l’époque où Number 1 galérait tellement avec la sienne et avançait à deux à l’heure… C’est rigolo les perceptions…

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        1. C’est vrai, tu as raison : vers 15-16 mois, j’ai eu l’impression de voir les choses évoluer bien plus vite pour Poupette. Elle a pris son temps au début de sa vie, mais ensuite, elle n’était plus vraiment escargot. C’est surtout l’arrivée du langage qui lui a permis de grandir d’un coup !
          Quant à ses exploits à trottinette, dois-je te rappeler la superbe réussite de ton Number 1 escargot à toi, avec son vélo fraîchement déballé de Noël ? 😉

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  21. Je te comprends parfaitement et ai été dans la même situation que toi (voire même, je le suis encore…)
    Il y a le côté rationnel. Chacun son rythme. Laissons la gérer comme elle l’entend.
    Et puis, viennent les doutes. Les « et si ? » Parce qu’on a beau savoir que chaque enfant va à son rythme, quand notre enfant prend un peu plus de temps que la moyenne, quoi de plus naturel que s’inquiéter ?
    Alors, je t’envoie tout mon soutien et beaucoup de patience. Et, si je pouvais, un peu de rationalité aussi (même si elle me fait cruellement défaut pour mes propres enfants !)

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    1. C’est exactement ça ! Un manque de rationalité ! Merci de me montrer que ça touche d’autres mamans, ces inquiétudes à répétition, cette succession de « et si ? », cette peur sous-jacente qu’on fait taire continuellement.

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  22. Bon, j’avais laissé un premier commentaire, bien plus long, mais il n’est pas passé. Je voulais te dire que je comprenais tes inquiétudes et qu’elles sont légitimes, en tant que maman d’un tout jeune bébé. Toutes les périodes difficiles passent et je suis sûre que ça ira mieux dans quelques semaines, et peut-être te sens-tu déjà apaisée d’avoir mis cela par écrit. Ta poupée est magnifique, fine et ténébreuse, une beauté!

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  23. Ton article est très émouvant, on sent que ce sujet te préoccupe beaucoup, et j’ai mis du temps avant de me décider à commenter. Je ne sais jamais comment réagir sur ce sujet si délicat du développement des enfants parce que j’ai toujours un peu peur qu’on pense que ma fille de toute façon est une enfant « facile » et que donc je suis mal placé pour donner mon avis mais il n’empêche que je comprends tes angoisses. Je n’en suis pas fière mais je compare souvent ma Biscotte aux autres petits de notre entourage parce que j’ai toujours peur d’avoir loupé quelque chose. Et je sais que si j’avais un bébé escargot ce serait très certainement très dur à vivre pour moi. J’espère qu’avoir mis tout cela par écrit t’a aidé a relativiser ❤ (et puis quand même, elle a une bouille d'amour Nymphette !!)

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    1. Ça me rassure de voir que je suis loin d’être la seule maman à avoir ce genre d’angoisses. Par contre, je n’en suis pas encore au stade où j’arrive à prendre de la distance et à relativiser : il va me falloir encore quelques mois, et attendre d’être pleinement rassurée. Mais bon, c’est le lot de la vie de mère, je crois, que d’apprendre à vivre avec ces angoisses et de garder confiance pour permettre à nos petits de grandir à leur rythme !

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  24. Je comprends ton inquiétude. Mon grand, est un bébé escargot, et maintenant un petit garçon escargot. J’ai l’impression que chaque pallier était anxiogène, et qu’il a fallu le pousser beaucoup. Il se décourage vite, s’il ne réussit pas du premier coup, il abandonne. Quand je regarde ces petits camarades de maternelles, ça me brise le coeur. On a beau dire chacun son rythme, trop de retard fait peur. Et c’est souvent difficile de faire la part des choses enre un écart statistique normal et un signe pathologique .
    Mon deuxième par contre, n’est qu’un escargot au niveau de la quantité de bave qu’il peut produire, c’est assez hallucinant, la semaine dernière j’ai racheté des bavoirs parce qu’en uen demi heure il en trempe un!
    Par contre je crois vraiment avoir loupé un truc pour les bib’. Mon cadet , un an, n’esquisse même pas un geste pour tenter de le prendre. Quand au grand, il a su le prendre seul vers 2.5ans, pendant environ deux mois jusqu’à ce qu’il décide d’arrêter les biberons! XD

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    1. Encore un exemple où, au sein d’une même fratrie, le développement des enfants est très différent ! Que ça me pèse de cumuler les escargots !
      Mais je comprends tout à fait ton sentiment et j’imagine que si ma seconde persiste à garder ce rythme de développement, mes angoisses vont me poursuivre. Pas facile, comme tu dis, de faire la part de choses ! ❤

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      1. Mais sur deux enfants, les statistiques ne sont pas significatives. Regarde, tu n’as eu que des filles. Moi je pense qu’il faudrait que tu en fasses au moins dix. Et si au bout de dix, tu n’as que des escargots, tu pourras remettre ton éducation en question. (Mais je pense que quand tu auras enchainer dix grossesses, tu ne rêveras que de calme)

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  25. En effet c’est dommage de focaliser sur ça, je ne sais quoi dire à part peut être de reflchir à ce que à quoi ça renvoie pour toi, pourqauoi est ce que tu réagis ainsi…

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  26. Mon petit Gaspar est comme ça également… il prends son temps… je ne m’inquiète pas trop car son grand était pareil. Quoique Gaspar, j’ai l’impression qu’il prends encore plus son temps.
    Et je me pose des questions comme toi… Dois-je le laisser tranquille et lui faire confiance ou le pousser à se déplacer ? Parce que moi aussi j’ai hâte qu’il se déplace. Non pas forcément pour qu’il soit dans les normes (même si ça me titille) mais pour lui, qu’il s’éclate plus. Mais peut-être que je m’avance pour lui… Et le fameux test des 9 mois m’a bien confirmé qu’il évoluait bien et qu’il avait toutes les clefs pour faire du quatre pattes. Mais voilà, ça ne l’intéresse pas pour l’instant!

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    1. Comme toi, au-delà d’une inquiétude que j’arrive à maintenir en sourdine, j’ai surtout envie qu’elle puisse bouger pour elle ! Pour pouvoir jouer et explorer son environnement comme elle le veut, pour qu’elle soit autonome dans ses mouvements. Je trouve ça tellement frustrant !

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