Au jour le jour, Mum of three

Cher Coronajournal

Cher Coronajournal,
Voilà maintenant une semaine que nous sommes confinés, tous les cinq, à la maison.
J’avoue qu’à l’annonce de la fermeture des écoles, je suis passée sans transition du mode « mère de famille nombreuse en congé parental, épuisée mais qui commence à sortir la tête de l’eau, fière d’avoir réussi à aller chercher son aînée dès la sortie de la classe une fois cette semaine et d’avoir réussi à gérer ses deux plus jeunes toute une journée sans avoir eu envie d’aller en abandonner un en forêt » au mode PLS roulée en boule sous notre canapé.
Du coup, l’annonce d’un confinement incluant le papa des trois mini-fauves a été finalement accueillie avec un soulagement certain. Dimanche soir, munie d’un plan d’attaque planning d’activité détaillé heure par heure pour chacune des filles, j’accepte de sortir de sous le canapé.
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Jour 1

9h : Papa doit faire un saut au boulot pour récupérer ses affaires et gérer le fonctionnement dégradé de son équipe : il m’abandonne lâchement à mon propre sort.
Je ne me laisse pas abattre et sors toutes mes cartes : mathématiques pour l’une, gommettes de princesses qui brillent pour l’autre. Étonnamment, celle qui en redemande n’est pas celle que je croyais : me voilà à devoir expliquer les dizaines et les unités à une Poupette bien concentrée, sur fond sonore de Paco à l’Opéra. Poussinet, lui, est au spectacle.
13h : retour tant espéré de Papa. J’avais eu le temps de sortir le bonus récré au jardin avec sieste en porte-bébé pour mon koala, mais pas réussi à m’alimenter en même temps que le reste de la smala. Je lui refile donc le bébé dès le seuil de la porte, et file boulotter la fin du paquet de Prince.
15h30 : réveil de sieste ronchon de ma Deuzans. L’aprèm s’annonce mal…. Heureusement, Papa sauve l’affaire avec un cours de cuisine improvisé. De mon côté, je réalise que « Les petits poissons » n’est pas la comptine la plus simple à apprendre au piano….
18h : l’une est au bain pendant que l’autre lit des histoires à son frère qui ne comprend que goutte mais adore machouiller le carton du livre. Vite ! J’entrevois un mini-créneau pour aller faire pipi tranquillement et je le laisse pas passer : rien ne m’arrête dans mon sprint jusqu’aux toilettes, et victoire, me voilà allégée ! (Ne jamais oublier de se féliciter des petites victoires de la journée #bienveillancepourmaman)

Jour 2

8h30: Poupette au taquet à l’idée d’enseigner la date à, je cite, sa petite élève, court après Nymphette dans le salon pour essayer de la faire tenir en place. Celle-ci, bien décidée à faire l’école buissonnière, se marre comme un bossu sous le regard ravi de son frère pataugeant dans sa bave.
La visioconf de papa me paraît bien engagée.
14h : encore à jeun, j’essaie de m’enfiler la fin du paquet de chips discrètement quand je suis prise en flag par Poupette « Maman, pourquoi nos ongles poussent ? » Je profite de cette excuse éducative toute trouvée pour sortir le jocker Netflix « Il était une fois la vie »
16h : Finalement, on va dire que c’est encore la récré, hein….
17h : l’activité que j’ai passé la soirée à préparer pour Nymphette a bien dû l’occuper au moins 1min12s. J’abandonne, elle finit au bain.
20h : alors qu’on parvient enfin à coucher les gremlins qui nous servent d’enfants, on entend les voisins faire un boucan pas possible dehors…. Ah mais oui, c’est vrai, c’est pour remercier les soignants ! Super initiative, mais bad timing.

Jour 3

9h : aujourd’hui, c’est mercredi : youpi !! Mais Poupette ne l’entend pas de cette oreille et continue à vouloir faire la classe à sa sœur : ce matin, c’est cours de dessin.
14h : fin de sieste bien trop précoce qui se termine en séance de ciné….
16h : tous au jardin pour le parcours de motricité. Poupette continue à jouer les élèves studieuses pendant que Nymphette fait le pitre : je lâche l’affaire et file terminer le paquet de bonbons. Poussinet découvre Léo le p’tit hélico et Gaston super Béton (#cellesquisaventsavent).
18h : petit escargot au piano pour l’une tandis que l’autre continue son éducation culinaire avec papa. Bébé Koala est accroché à son ventre, comme il se doit.

Jour 4

9h30 : toujours pas de nouvelles de la maîtresse, on sort la carte « adresse mail personnalisée », qui permet de travailler la lecture, l’écriture et la motricité fine en toute autonomie. Quelle excellente découverte ! Pendant que Poupette cherche les lettres de son prénom sur le clavier, j’ai le temps de changer une couche, lire trois Popis, rhabiller deux poupées et sortir (et ranger) la pâte à modeler !
11h : on profite du beau temps pour aller jouer dans le jardin, mais c’était sans compter sur l’interro de maths surprise de Babouchka au téléphone !
13h : pique-nique dans le jardin, en culotte. No comment.
16h : Poussinet ayant fait fuir ses sœurs à force de tirer sur la moindre mèche de cheveux à sa portée, il se rattrape sur la pauvre Adèle, poupée chevelue de son état.
19h : soirée mimes pendant le repas : gros qui proquo avec Poupette qui a confondu empoisonnement léthal par ingestion de liquide et expectoration naturelle après avoir bu une menthe à l’eau….

Jour 5

10h : j’émerge douloureusement d’une nuit compliquée avec couche pleine et pipette de doliprane à 3h du matin, suivies d’une lecture assidue de mes mails du boulot jusqu’à 5h…. Les filles ont été remisées sur la terrasse, livrée en pâture à leur créativité débordante. J’essaie de limiter les dégâts, puis me ravise et file discrètement profiter de mon petit déjeuner au calme en entendant Mister F. galérer avec un Poussinet récalcitrant en porte-bébé pendant sa confcall avec toute sa hiérarchie….
15h : on a perdu tout contrôle, quand je me souviens soudainement du défi musical proposé par le groupe de la crèche parentale, actif sur Whatsapp. Mission chorale avec mes trois enfants de choeur : Henri Dès est dans la place !
17h : on est encore en récré, la sonnerie doit être en panne….

Jour 6

Jocker…. Ce fut un jour sans !

Jour 7

9h : pancakes au p’tit déj et session déguisement en folie. La journée semble mieux partie.
13h30 : sieste simultanée des deux relous de la semaine. Les parents kiffent. Ah non, c’était une blague, réveils en quinconce jusqu’à 15h30.
17h : session jeux de société sous amphèts, au son strident de Poussinet qui fait ses dents. Mais ça passe, on n’est plus à ça près.
18h : yoga pour les unes et tétée acrobatique pour les autres, chacun son sport et merci Youtube !
22h : bon ben demain, c’est reparti pour un tour, hein ?

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Et chez vous, ça se passe comment le confinement ?
Avec bébé, Je me questionne, Mum of three

C’est pas son rôle

wp-15815165673704702066026676554633.jpgLa semaine dernière, je me suis enfin décidée à parler à ma pédiatre des difficultés de sommeil que je rencontre avec Poussinet. On peut dire que je n’ai pas été déçue….


Pour vous faire un tableau honnête de la situation, en bon Bébé Koala, cet enfant ne dort que lorsqu’il est accompagné. En journée, ça se traduit par des endormissements dans mes bras avant d’être posé dans son lit, mais l’inconvénient de cette option c’est qu’au premier changement de cycle de sommeil, Poussinet se réveille et pleure (la durée moyenne de ses siestes étant donc de 30 minutes) ; ou des siestes en porte-bébé et, plus rarement, en poussette, qui lui permettent de plus grandes phases de sommeil puisque le bercement à la fin d’un cycle le rassure suffisamment pour qu’il enchaîne sans se réveiller totalement. La nuit, passée la première partie de soirée où, on ne sait pas pourquoi, il parvient à dormir trois à quatre heures dans son petit lit, c’est très difficile de le recoucher après sa première tétée et il finit bien souvent la nuit avec moi, en cododo. Comme vous pouvez l’imaginer, depuis 5 mois que dure ce petit manège, je suis donc épuisée….

La situation avait commencé à s’améliorer vers Noël, avec des siestes un peu plus longues dans son lit et moins de réveils nocturnes, mais la valse des virus est passée par là, et on a vu les quelques progrès disparaître.

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D’où ma folle idée d’en parler à la pédiatre : mais où avais-je la tête ? J’aurais dû me douter que je ne serais pas bien accueillie : les pédiatres et moi, ça fait deux.

J’ai commencé en douceur, en ne parlant que du sommeil en journée, mentionnant que depuis plus d’un mois que Poussinet se traîne ces maudits virus (bronchiolite, rhino, otite, à nouveau bronchiolite, rebelote pour la rhino, etc….), il a beaucoup de mal à faire des siestes. La pédiatre me répond, à juste titre, qu’il n’y a pas grand chose à faire contre les virus, que l’on peut apaiser les symptômes et qu’il faut continuer à bien le moucher, mais que ça reste bénin et que c’est normal qu’il rencontre tous ces bobos de l’hiver, que c’est comme ça qu’il va se faire son système immunitaire. Jusque là, je suis tout à fait d’accord avec son discours, mais je lui glisse quand même que je suis vraiment à bout de forces, que je n’en peux plus, physiquement, et que je ne sais pas quoi faire pour sortir de cette situation, continuer à apaiser mon bébé mais également avoir une perspective d’amélioration à moyen terme. Je crois que j’avais vraiment besoin d’être écoutée, d’être légitimée dans ma fatigue. J’imaginais qu’elle me parlerait d’un traitement de fond, ou au moins qu’elle serait compréhensive. Or, elle m’a répondu cette phrase mythique :

Ah mais forcément, si vous le faites dormir contre vous en porte-bébé pendant la journée, on est sur un cercle vicieux, et il continue à vous réclamer !

A partir de ce moment-là, plus moyen de me faire entendre : elle s’est engouffrée dans la brèche et n’a plus démordu du fait que les problèmes de sommeil de mon bébé venait de mes réponses en mode survie. Heureusement que je n’ai pas mentionné le cododo !

Je n’ai pas insisté, je suis déjà passée par là, et ça ne m’a pas fait de bien, ni à moi ni à mes bébés.

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Le soir, alors que je rapportais cette conversation à Mister F., passablement agacée, et que je rageais de nous voir sans solution, avec la perspective de longues semaines de galère encore devant nous, il m’a répondu :

Mais tu sais, c’est pas son rôle.

Ça m’a fait tout drôle, sur le moment. Et puis la soirée s’est enchaînée, et on n’a pas eu l’opportunité de discuter plus longuement de ça – tunnel du soir, trois enfants de moins de 6 ans à nourrir/laver/coucher, toussa toussa.

Le lendemain, en ressassant cette réponse entre deux siestes ratées, j’ai réalisé qu’il n’avait pas tort. Son job, à la pédiatre, c’est de s’assurer de la santé de mes enfants. Certes, Poussinet enchaîne les virus, mais sa santé n’est pas en danger. Quant à ses difficultés à dormir, elles ne relèvent pas du domaine médical.

Bon, ok, mais alors, c’est le job de qui ?

D’une psy, qui va m’empêcher de devenir folle en accumulant la fatigue et les remises en question ? Si seulement le budget d’une thérapie n’était pas si élevé….

De la PMI, qui est censée entourer et conseiller les jeunes parents ? Les puéricultrices que j’y ai rencontré avaient des idées bien arrêtées sur ce qu’il faut et ne faut pas faire….

D’une sage-femme, si l’on considère que son rôle d’accompagnement des futures et jeunes mamans continue au-delà de la mise en place de l’allaitement et de la rééducation du périnée ? Même si j’ai fini par trouver de bonnes praticiennes, ce suivi ne dure qu’un temps.

Des éducatrices de la crèche, qui ont pour elles l’expérience et la formation ? Comme celles de la PMI, les professionnelles de la petite enfance que j’ai côtoyé étaient assez rigides, souvent dans la culpabilisation….

De la famille, pour soulager, relayer et aider dans les moments plus compliqués ? On a la chance d’être très bien entourés, mais nos familles sont loin, et ce n’est pas possible de les solliciter toutes les semaines, ou même tous les mois.

Des amis, des autres jeunes parents de notre entourage, qui vivent les mêmes galères et nous comprennent si bien ? Mais justement, on est tous bien pris dans notre course quotidienne.

Ce n’est pas la première fois que je vis cet isolement de la jeune maman, qui m’avait fait tant de mal, il y a 5 ans. J’ai essayé de bien m’entourer, cette fois encore : sage-femme pour le suivi de l’allaitement, rendez-vous réguliers à la PMI pour discuter avec des puéricultrices et d’autres jeunes mamans. Mais au final, je me retrouve à nouveau en souffrance, à cumuler angoisse et culpabilité à la fatigue de 5 mois de nuits hachées.

Parce que oui, c’est dur de s’occuper d’un tout-petit, surtout quand il n’est pas du genre bébé modèle et qu’il a un fort besoin de réassurance !

Alors je rame, j’essaie de tenir sur la durée, je me force à sortir me balader, je retrouve les copines mamans pour un café le matin et on échange sur nos galères. Et au fur et à mesure que les mois passent et que mon déficit de sommeil grandit, je mesure ma chance d’être si bien entourée par nos familles et nos amis.

Par contre, côté médical, je me sens tout aussi démunie au troisième enfant que pour les deux premières : j’aimerais bien rencontrer enfin quelqu’un qui prenne le temps de m’écouter, qui me rassure et me donne la force de continuer à porter à bout de bras toute ma petite tribu, malgré la fatigue de cette première année si intense de la vie de Poussinet.

Je sais bien que ma pédiatre ne va pas me donner de recette miracle pour faire dormir mon Bébé Koala, mais si au moins elle était à l’écoute de ce pan-là de la vie de mon bébé, ça me ferait beaucoup de bien, je me sentirais enfin légitimée dans ma fatigue de jeune maman.

L’autre jour, Docteur Mamangue, pédiatre et maman de trois enfants, nous demandait si on avait trouvé un bon pédiatre pour le suivi de nos enfants : j’ai pu voir dans les commentaires que j’étais loin d’être la seule à avoir du mal à trouver un médecin à l’écoute de mes maux de jeune maman.

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Et vous, vous êtes bien entourées ? Vous avez trouvé le WonderPédiatre du coin ? Ou votre famille est à portée de main pour vous soulager régulièrement ?