Avec bébé, Je me questionne, Mum of three

C’est pas son rôle

wp-15815165673704702066026676554633.jpgLa semaine dernière, je me suis enfin décidée à parler à ma pédiatre des difficultés de sommeil que je rencontre avec Poussinet. On peut dire que je n’ai pas été déçue….


Pour vous faire un tableau honnête de la situation, en bon Bébé Koala, cet enfant ne dort que lorsqu’il est accompagné. En journée, ça se traduit par des endormissements dans mes bras avant d’être posé dans son lit, mais l’inconvénient de cette option c’est qu’au premier changement de cycle de sommeil, Poussinet se réveille et pleure (la durée moyenne de ses siestes étant donc de 30 minutes) ; ou des siestes en porte-bébé et, plus rarement, en poussette, qui lui permettent de plus grandes phases de sommeil puisque le bercement à la fin d’un cycle le rassure suffisamment pour qu’il enchaîne sans se réveiller totalement. La nuit, passée la première partie de soirée où, on ne sait pas pourquoi, il parvient à dormir trois à quatre heures dans son petit lit, c’est très difficile de le recoucher après sa première tétée et il finit bien souvent la nuit avec moi, en cododo. Comme vous pouvez l’imaginer, depuis 5 mois que dure ce petit manège, je suis donc épuisée….

La situation avait commencé à s’améliorer vers Noël, avec des siestes un peu plus longues dans son lit et moins de réveils nocturnes, mais la valse des virus est passée par là, et on a vu les quelques progrès disparaître.

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D’où ma folle idée d’en parler à la pédiatre : mais où avais-je la tête ? J’aurais dû me douter que je ne serais pas bien accueillie : les pédiatres et moi, ça fait deux.

J’ai commencé en douceur, en ne parlant que du sommeil en journée, mentionnant que depuis plus d’un mois que Poussinet se traîne ces maudits virus (bronchiolite, rhino, otite, à nouveau bronchiolite, rebelote pour la rhino, etc….), il a beaucoup de mal à faire des siestes. La pédiatre me répond, à juste titre, qu’il n’y a pas grand chose à faire contre les virus, que l’on peut apaiser les symptômes et qu’il faut continuer à bien le moucher, mais que ça reste bénin et que c’est normal qu’il rencontre tous ces bobos de l’hiver, que c’est comme ça qu’il va se faire son système immunitaire. Jusque là, je suis tout à fait d’accord avec son discours, mais je lui glisse quand même que je suis vraiment à bout de forces, que je n’en peux plus, physiquement, et que je ne sais pas quoi faire pour sortir de cette situation, continuer à apaiser mon bébé mais également avoir une perspective d’amélioration à moyen terme. Je crois que j’avais vraiment besoin d’être écoutée, d’être légitimée dans ma fatigue. J’imaginais qu’elle me parlerait d’un traitement de fond, ou au moins qu’elle serait compréhensive. Or, elle m’a répondu cette phrase mythique :

Ah mais forcément, si vous le faites dormir contre vous en porte-bébé pendant la journée, on est sur un cercle vicieux, et il continue à vous réclamer !

A partir de ce moment-là, plus moyen de me faire entendre : elle s’est engouffrée dans la brèche et n’a plus démordu du fait que les problèmes de sommeil de mon bébé venait de mes réponses en mode survie. Heureusement que je n’ai pas mentionné le cododo !

Je n’ai pas insisté, je suis déjà passée par là, et ça ne m’a pas fait de bien, ni à moi ni à mes bébés.

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Le soir, alors que je rapportais cette conversation à Mister F., passablement agacée, et que je rageais de nous voir sans solution, avec la perspective de longues semaines de galère encore devant nous, il m’a répondu :

Mais tu sais, c’est pas son rôle.

Ça m’a fait tout drôle, sur le moment. Et puis la soirée s’est enchaînée, et on n’a pas eu l’opportunité de discuter plus longuement de ça – tunnel du soir, trois enfants de moins de 6 ans à nourrir/laver/coucher, toussa toussa.

Le lendemain, en ressassant cette réponse entre deux siestes ratées, j’ai réalisé qu’il n’avait pas tort. Son job, à la pédiatre, c’est de s’assurer de la santé de mes enfants. Certes, Poussinet enchaîne les virus, mais sa santé n’est pas en danger. Quant à ses difficultés à dormir, elles ne relèvent pas du domaine médical.

Bon, ok, mais alors, c’est le job de qui ?

D’une psy, qui va m’empêcher de devenir folle en accumulant la fatigue et les remises en question ? Si seulement le budget d’une thérapie n’était pas si élevé….

De la PMI, qui est censée entourer et conseiller les jeunes parents ? Les puéricultrices que j’y ai rencontré avaient des idées bien arrêtées sur ce qu’il faut et ne faut pas faire….

D’une sage-femme, si l’on considère que son rôle d’accompagnement des futures et jeunes mamans continue au-delà de la mise en place de l’allaitement et de la rééducation du périnée ? Même si j’ai fini par trouver de bonnes praticiennes, ce suivi ne dure qu’un temps.

Des éducatrices de la crèche, qui ont pour elles l’expérience et la formation ? Comme celles de la PMI, les professionnelles de la petite enfance que j’ai côtoyé étaient assez rigides, souvent dans la culpabilisation….

De la famille, pour soulager, relayer et aider dans les moments plus compliqués ? On a la chance d’être très bien entourés, mais nos familles sont loin, et ce n’est pas possible de les solliciter toutes les semaines, ou même tous les mois.

Des amis, des autres jeunes parents de notre entourage, qui vivent les mêmes galères et nous comprennent si bien ? Mais justement, on est tous bien pris dans notre course quotidienne.

Ce n’est pas la première fois que je vis cet isolement de la jeune maman, qui m’avait fait tant de mal, il y a 5 ans. J’ai essayé de bien m’entourer, cette fois encore : sage-femme pour le suivi de l’allaitement, rendez-vous réguliers à la PMI pour discuter avec des puéricultrices et d’autres jeunes mamans. Mais au final, je me retrouve à nouveau en souffrance, à cumuler angoisse et culpabilité à la fatigue de 5 mois de nuits hachées.

Parce que oui, c’est dur de s’occuper d’un tout-petit, surtout quand il n’est pas du genre bébé modèle et qu’il a un fort besoin de réassurance !

Alors je rame, j’essaie de tenir sur la durée, je me force à sortir me balader, je retrouve les copines mamans pour un café le matin et on échange sur nos galères. Et au fur et à mesure que les mois passent et que mon déficit de sommeil grandit, je mesure ma chance d’être si bien entourée par nos familles et nos amis.

Par contre, côté médical, je me sens tout aussi démunie au troisième enfant que pour les deux premières : j’aimerais bien rencontrer enfin quelqu’un qui prenne le temps de m’écouter, qui me rassure et me donne la force de continuer à porter à bout de bras toute ma petite tribu, malgré la fatigue de cette première année si intense de la vie de Poussinet.

Je sais bien que ma pédiatre ne va pas me donner de recette miracle pour faire dormir mon Bébé Koala, mais si au moins elle était à l’écoute de ce pan-là de la vie de mon bébé, ça me ferait beaucoup de bien, je me sentirais enfin légitimée dans ma fatigue de jeune maman.

L’autre jour, Docteur Mamangue, pédiatre et maman de trois enfants, nous demandait si on avait trouvé un bon pédiatre pour le suivi de nos enfants : j’ai pu voir dans les commentaires que j’étais loin d’être la seule à avoir du mal à trouver un médecin à l’écoute de mes maux de jeune maman.

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Et vous, vous êtes bien entourées ? Vous avez trouvé le WonderPédiatre du coin ? Ou votre famille est à portée de main pour vous soulager régulièrement ?