Entre amis

Et sortir de sa coquille

20181122_1508197869645608359485449.jpgParce qu’un jour il faut bien commencer à sortir de sous son plaid.

Parce que mes filles et mon mari ont besoin de moi.

Parce qu’il faut bien retourner au boulot.

Parce qu’il faut bien sécher mes larmes, faire taire mes angoisses et recommencer à regarder devant.

Parce qu’il faut bien.

J’ai laissé avec appréhension se refermer la page sur mon hibernation salvatrice. J’ai abandonné ma coquille au profit d’une carapace encore fragile, fêlée à bien des endroits, mais qui fait le job, quand on ne regarde pas de trop près.

Je traîne une impression de n’être pas encore tout à fait moi et de n’être certainement pas capable de faire ce que l’on attend de moi : penser aux listes de Noël pour toute la famille, acheter des cadeaux pour les autres, sourire et me réjouir de la période de fêtes à venir.

Tout cela me paraît tellement incongru….

Mais parce qu’il faut bien, j’ai commencé à sortir de ma coquille.

Ma tenue de warrior

A défaut d’une véritable carapace, j’ai revêtu ma tenue de warrior.

Ça peut paraître futile, mais c’était extrêmement important pour moi, dans cette phase de ma vie où mon corps et moi ne sommes pas les meilleurs amis du monde, de pouvoir me sentir bien dans ma peau en retournant au travail.

Enfin, je dis au travail, mais je veux dire en retournant à la vie.

Alors j’ai pris le temps, sur la fin de mon arrêt de travail, d’aller m’acheter une peau neuve. J’ai eu beaucoup de mal à trouver, je n’avais envie de rien et rien ne me plaisait. Mais j’ai insisté parce que je savais le rôle qu’une nouvelle tenue, une tenue de warrior, pourrait jouer dans mon rétablissement.

J’y ai passé une bonne partie de la journée, mais j’ai fini par trouver une petite jupe fleurie, toute simple, de chez Naf Naf, assortie à un gilet couleur crème.

Et en me voyant dans la glace, j’ai apprécié ma silhouette, malgré l’absence de ventre rond, moi qui ne mettais plus que des tenues de grossesse dans les semaines précédentes.

Je me suis imaginée dans cette tenue en allant au travail, en allant à la crèche ou devant la sortie de l’école.

Je me suis imaginée debout, vaillante.

Et cette tenue, je la porte énormément depuis ma reprise. Et je m’y sens bien.

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Le retour de la crazy week

Moi qui appréhendais tant mon retour, j’ai été happée dans ce quotidien bien trop rempli, entre le travail entrecoupé de pauses café, les permanences de la crèche qui sont autant de moments partagés avec Nymphette et mes cours de chant, véritable bouffée d’oxygène dans ma semaine.

La semaine de ma reprise, j’ai également fait une intervention dans un lycée pour aller promouvoir les carrières scientifiques auprès de jeunes lycéennes. C’est toujours grisant de parler de son parcours professionnel, de prodiguer des conseils et de rassurer celles qui doutent ou qui ne savent pas quelle voie choisir. Et c’est en phase avec l’un des combats qui me tient le plus à coeur, celui de faire du monde de demain un monde plus égalitaire pour les femmes et pour les hommes.

Les échanges avec ces jeunes filles ont été passionnants et, je dois l’avouer, salutaires dans mon état : voir leurs yeux briller, imaginer leurs possibles et réaliser le chemin que j’ai déjà parcouru, c’était exactement ce qu’il me fallait pour me rappeler d’une des plus belles réussites de ma vie.

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C’est aussi cette semaine que j’ai retrouvé Maman Ourse et sa grande Oursonne dans Paris pour partager avec elles et Poupette une après-midi délicieuse, baignée de la magie de Noël.

Nos filles ont très rapidement été à l’aise pour jouer ensemble, ce qui nous a permis de papoter tranquillement à côté. On a passé une bien jolie après-midi, entre un spectacle de Noël, la magie des vitrines des grands magasins du boulevard Haussman et le calme du salon de thé sous la coupole du Printemps (seules nos filles ont doucement chahuté, en se roulant sur la moquette moelleuse sous notre table….).

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Je garde de cette journée un précieux sentiment de plénitude et de bonheur enfantin. Cette petite pause hors du temps au milieu de ma semaine m’a permis de trouver toute l’énergie pour continuer à renforcer ma carapace.


Cette semaine, je suis revenue à la vie, à cette vie trépidante de jeune maman active, et j’ai mesuré les bonheurs qui rythment mon quotidien.

Cette semaine j’ai commencé à sortir de ma coquille, et j’espère que je ne serai pas trop chahutée dans les semaines qui viennent, avec les fêtes qui arrivent à grands pas.

Parce que même si cette semaine je suis revenue à la vie, ma carapace est encore bien fragile.

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19 réflexions au sujet de “Et sortir de sa coquille”

  1. Continue de te protéger,,continue de rendre soin de toi et de ta famille. Laisse le temps panser les blessures. Je crois que noël est une bonne période pour cela.
    Pour le côté futile, ta tenue est vraiment très chouette.

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    1. Je ne sais pas si Noël est une bonne période pour cela, au contraire…. J’appréhende beaucoup cette joie forcée, les jours passés avec trop de monde, les uns sur les autres. Et puis il y a toujours beaucoup d’attente.
      Bref, pour moi c’est plutôt source d’angoisse en fin de compte 😦

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  2. Après ma fausse couche, j’ai continué d’avancer (je ne m’étais même pas arrêté de travailler, je crois que rester à ls maison m’aurait rendue folle) parce que j’avais un mari et un grand garçon à la maison qui souffraient autant que moi et qu’il fallait aussi avancer pour eux.
    Ça a été particulièrement difficile quand les filles avec la même DPA ont accouché et tous les ans, je pense avec un pincement au coeur à ce bébé qui n’est jamais né. Et j’espère un jour avoir la chance d’avoir un troisième enfant.
    Je pense à toi. Chaque pas compte.

    Aimé par 1 personne

    1. Oh oui, j’appréhende énormément cette fameuse DPA qui ne sera pas la mienne. Et évidemment, je côtoie actuellement des femmes pour qui l’aventure de la grossesse continue comme sur des rails, et rien qu’à les apercevoir le matin à la crèche ou devant l’école, j’en ai encore le coeur qui éclate….

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  3. C’est normal de reprendre tout doucement le chemin du quotidien après ce que tu as vécut. Laisse le temps au temps comme ont dit pour refermer les fissures de ta coquille. Bon courage et essaie de prendre soin de toi et de profiter de cette période de l’avent.

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  4. Cet article m’a beaucoup émue. Tous ces mots et métaphores traduisent avec une incroyable simplicité ce que tu as pu ressentir. Bon courage ; j’espère que tu réussiras à profiter des doux instants de vie que l’hiver et les fêtes savent procurer. Et puis, elle est superbe, cette tenue !

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  5. Bonjour
    J’ai l’impression de ressentir ce que tu racontes, enfin, je me souviens, cette énorme tristesse, et toutes ces précautions que l’on prend pour soi en même temps. Prends bien soin de toi. Je te promets qu’un jour ça ira mieux.

    Aimé par 1 personne

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