Entre amis, Je couve

Hiberner

20181121_1028545985507845133478244.jpgJ’hiberne.

Depuis cette claque douloureuse, depuis que le choc a été absorbé, depuis que le parcours médical compliqué est derrière moi, j’hiberne.

J’ai eu l’immense chance de tomber sur une médecin généraliste très compréhensive, qui m’a permis de bénéficier d’un arrêt de travail d’un peu plus de 15 jours. Une petite parenthèse pour me permettre de pleurer tout mon soûl, pour me permettre d’aller à mon rythme, dans ce deuil et dans mon corps.

Je dors, beaucoup. Le matin, en journée. La nuit aussi, même si là j’ai besoin de l’aide de médicaments pour trouver le sommeil.

Je cuisine, je vais au marché, je fais de la pâtisserie. Je me shoote à Netflix.

J’hiberne.

Je passe ma vie entre le canapé et la cuisine, avec cette pénible sensation de retrouver le rythme de mes congés maternité. Ce rythme si particulier de la fin de grossesse. L’anticipation heureuse en moins, évidemment….

J’ai eu le bonheur de vivre deux jolies parenthèses pendant cette période d’hibernation, avec tout d’abord la visite de ma copinaute de La Famille Ours, à qui j’ai réussi à parler de tout cela sans pleurer. Le coeur en vrac et les émotions haletantes, mais sans pleurer. Et ça m’a fait beaucoup de bien. Ça m’a rassuré sur ma robustesse, et ça m’a permis de voir le chemin parcouru en quelques jours de repos.

Quelques jours plus tard, j’ai profité d’un mercredi parfait avec ma grande Poupette. De ces journées où tout se combine bien, entre une météo clémente et une enfant reposée et donc charmante. De ces journées qui mettent du baume au coeur et nous rappelle pourquoi, pour qui, on avance.

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Mais globalement, depuis 15 jours, j’hiberne.

Et lundi, je dois retourner au travail. Et cela me terrifie.

Je me sens encore trop faible, trop loin intellectuellement. Encore une fois, comme après mes congés maternité, mais sans les adorables anecdotes pour meubler en salle café.

Lundi, je vais devoir m’extraire de ce cocon douillet qui me permet de survivre depuis 15 jours, qui me permet de ne pas me noyer dans mes larmes.

Et je ne sais pas comment je vais faire….

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38 réflexions au sujet de “Hiberner”

  1. Cela va mettre du temps à cicatriser, laisse toi le temps. Dommage qu’il faut reprendre un rythme, une vie normale si vite. La perte, ce vide immense qui nous envahit, il faut du temps pour le combler. Mais ça viendra sans pour autant que tu oublies.
    Bon courage ma Louna. Un jour après l’autre.

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  2. Je suis sûre que tu te surprendras aussi – tout comme tu as eu l’air de te surprendre en racontant ton histoire avec La famille des Ours sans pleurer -. J’ai traversé des périodes compliquées avec des arrêts plus ou moins longs, et à chaque fois je me demandais comme toi comment j’allais faire pour retourner bosser. Finalement je crois au contraire que c’est ce qui m’a permis d’aller mieux ! De penser à autre chose, ça aide … Plein de courage à toi en tout cas.

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  3. C’est tellement bon d’hiberner, de faire l’ours pour se remettre. Novembre est parfait, qu’est ce qu’on pourrait bien faire d’autre?
    Pour le retour, ça va piquer un peu mais après, ça ira tout seul. C’est un peu triste, ou un peu rassurant, mais l’habitude et le quotidien reprend vite ses aises.

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    1. Oui, tu as parfaitement raison : le mois de novembre est parfait pour ça. C’est sûr qu’en plein mois de mai, avec l’indécence des jours de printemps ensoleillé, j’aurais eu l’impression que Dame Nature continuait à se foutre de ma gueule.
      Là au moins la météo extérieure est raccord avec celle de mon coeur !
      Et oui, l’habitude et le quotidien ne nous laissent pas le choix, ce qui est parfois pas si mal.

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  4. Oh…je pense beaucoup à toi. Dur dur…en effet, le retour à la vie quotidienne (et notamment au boulot) n’est pas facile,bon courage pour le retour. Et en attendant bonne fin de semaine cocooning/ »guérison ». Le sujet reste tabou mais j’ai trouvé qu’une telle expérience laissait des traces…

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  5. Est ce que tes collègues savaient? Si non, au final, tu te surprendras peut être, comme là, à réussir dans quelques jours à gérer encore un peu mieux. Ca t’aidera aussi sans doute à te changer les idées… Prends le temps qu’il te faut, sans culpabiliser, en essayant tant que faire se peut de ne pas te laisser emporter par cette vague de fond. La mer se calme, un jour, même si on n’en voit jamais le bout ;o)

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    1. Certains savaient, d’autres non. Et cette dualité m’a fait du bien : j’ai pu partager mon expérience, parfois même mon chagrin là-bas aussi. Et d’autres fois, j’ai pu faire semblant d’autant plus facilement que les personnes que je côtoyais ignoraient tout de l’épreuve que j’étais en train de subir.
      J’essaie de ne pas me laisser emporter. La mer se calme doucement.
      Merci pour tes mots

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  6. Tu ne sais pas comment tu vas faire, mais tu feras. Et bien, j’en suis convaincue. Et sans rien enlever à ta douleur, parler à des gens qui l’ignore te fera probablement du bien. C’est dur de faire bonne figure, mais c’est aussi salvateur de parler d’autre chose. Plein de courage. Je penserai à toi lundi.

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  7. Qui sait, peut être que d’être forcée de changer les idées pour chausser les repetto de la super chercheuse te fera du bien ? 😉
    Un pied devant l’autre, un jour à la fois et que la force soit avec toi !

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  8. Je ne passe pas souvent par ici ; je te souhaite du courage dans ce moment difficile. On a aussi subi cette épreuve et j’ai encore, bien des années après, le souvenir de cette grande tristesse, juste quelques jours après avoir appris ce qui s’annonçait comme un grand bonheur.

    N’hésite pas à venir lundi au E4, entre les analyses tout azimut sur les « gilets jaunes » ou la manif de #NousToutes, il y a plein de sujets, en ce moment, pour se changer les idées, autour d’un thé ou d’un café, avec ma mauvaise foi et les pics de P. ! Accessoirement, on peut aussi parler microstructures et dislocations, si vraiment le cœur t’en dit… je ferais comme si j’y comprenais quelque chose 😉

    Bien affectueusement

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  9. Plein de courage Louna, et, aussi niaise que puisse être cette expression qu’on prononçait avec un sérieux ridicule à 13 ans… « Souviens-toi, sur les ailes du temps, la tristesse s’envole… » (Doux Jesus ce que c’est mièvre et pourtant😏).

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  10. Je pense très fort à toi pour ta reprise ! J’espère que ça va aller ! Pour moi les choses ont finalement été plus facile parce que mes collègues savaient et ot été adorable. Et finalement reprendre une vie « normale » m’a chaque fois aidé à passer le cap et à aller de l’avant. 😘😘😘😘

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  11. Je t’envoie toutes mes pensées et tout mon courage pour ta reprise. Je pense très fort à toi et je comprends ce besoin d’hiberner. Les parenthèse heureuse vont se faire doucement plus nombreuses et j’espère que tu retrouveras vite ta joie de vivre et ton optimisme. En attendant, je pense bien à toi…

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  12. Je suis touchée par votre tristesse qui fait écho à ce que j’ai vécu. Après un mois d’arrêt, la reprise me paraissait insurmontable. Mais finalement non, la vie reprend ses droits, on émerge peu à peu du chaos et cela fait du bien finalement. Même si on n’oublie pas pour autant, on cicatrise jour après jour.

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