Mon amie Cocci – Partie 1 : nos tribulations d’adolescentes

DSC_0312Chère lectrice (étant donné le sujet, je me permets de ne m’adresser qu’aux dames, ces anciennes ados boutonneuses ou non, ces anciennes timides et ces grandes amies qui traîneraient par ici), bref, chère lectrice, il faut absolument que je te raconte cette histoire. C’est une belle histoire d’amitié qui a dépassé les années et les frontières.

Pendant longtemps, j’ai envié ma soeurette et sa belle amitié avec notre petite voisine : elles se sont rencontrées au berceau, et ne se sont plus quittées. Elles ont grandi ensemble, complices et crapules, il faut bien le dire, mais toujours solidaires.

Moi, j’ai mis un peu plus longtemps à connaître une aussi belle amitié, aussi profonde et aussi marquante. A l’âge de 15 ans, alors que je rentrais au lycée en me remettant doucement de mes douloureuses années de collège, mes parents ont décidé d’être famille d’accueil pour les ados voulant vivre pendant quelques mois en France.

Au commencement

C’est comme ça qu’un beau soir de janvier, nous avons vu descendre du train en provenance d’Autriche une grande rousse au beau visage rond : Cocci est entrée dans nos vies, en doudoune (oui, il faisait vraiment froid, ce soir-là !).

Elle avait tout juste un an de plus que moi, mais bien 2 ou 3 valises de confiance en elle d’avance, et, à ses côtés, j’ai vécu un semestre de transformation. Elle m’a beaucoup appris : à prendre du temps pour soi, à connaître ses limites et ses envies, à se faire confiance et à faire confiance aux autres, à savoir être patiente et indulgente. De mon côté, je lui ai appris le français, entre vocabulaire et fautes de grammaire, je l’ai présentée à mon groupe de copains, à ma prof de piano. Nous avons fait du shopping et cherché notre nouveau look, testé des vernis à ongles et du maquillage, épilé nos sourcils ensemble. Grâce à elle, j’ai commencé à aller aux soirées branchées, à plaire aux garçons. Grâce à elle, j’ai osé aller vers celui qui allait être mon premier petit ami.

Bref, je ne vous fais pas un dessin : nous avons vécu 6 mois intenses, riches en découvertes et en aventures, toutes plus banales les unes que les autres, mais qu’est-ce qu’on était bien ! Nous avons vécu 6 mois d’une amitié fusionnelle : j’étais tellement fière d’être l’amie, presque la soeur, d’une des filles les plus populaires du lycée ! Mais pas la populaire bêcheuse, non, la populaire sympa, adorable et gentille avec tous, intéressée et intéressante.

Au fil des années

Cette belle histoire aurait pu s’arrêter là, comme c’est le cas de tant de belles histoires à l’adolescence. Mais là où la vie nous a gâté, c’est que deux petits mois après son départ, j’étais chez elle, pour passer l’été dans sa famille, et je découvrais la ville de Wien, dans laquelle j’allais rencontrer mon mari, quelques années plus tard.

Au fil des années, nous avons appris à connaître l’entourage affectif, social et culturel de l’autre, nous avons vu défiler les petits copains de notre vingtaine, nous avons bu des verres avec les amis de l’autre, nous avons vécu dans la famille de l’autre, appris sa langue et sa culture, vécu dans sa ville. Nous avons toujours, l’une comme l’autre, continué à éprouver cette curiosité pour la vie de l’autre, pour ces légères différences entre nos deux pays, nos deux langues, nos deux cultures.

Bien sûr, ça n’a pas toujours été facile d’entretenir cette amitié au fil des années, et pour être honnête, je ne sais pas bien ce qui a fait que ça a si bien marché. Est-ce parce que nous nous sommes rencontrées à un moment de nos vies où nous avions tant besoin de ce que l’autre pouvait nous apporter ? Est-ce parce que nous nous complétons si bien ? Parce que nous nous comprenons, même lorsque nous n’avons pas eu de nouvelles depuis longtemps ? Parfois quelques mois passent sans que l’une de nous n’ait trouvé le temps de décrocher son téléphone, mais alors, dès que la voix résonne au bout du fil, on sait qu’on va trouver la patience, la compréhension et la bienveillance dont on a besoin, là, tout de suite, pour avancer.

Et comme ça, au fil des années, nous avons réussi à maintenir ce rythme-là, à se voir au moins une fois par an, chez l’une ou chez l’autre, pour quelques jours. Nous avons souvent fêté notre anniversaire ensemble, à l’automne, pour notre réunion annuelle des scorpionnes d’Halloween ! Parfois nous arrivions à nous voir pendant l’été, avec ses parents ou les miens.

Grandir et évoluer, chacune de son côté

Jusqu’à l’année où il m’a fallu choisir une ville pour mon Erasmus. Le choix a été vite arrêté : je voulais vivre pendant un an à Wien, pour pouvoir profiter de cette ville magique qui continuait à m’attirer après tous ces séjours chez Cocci.
Bizarrement, cette année, qui fut une année charnière dans ma vie (mais ceci est une autre histoire, sur laquelle je reviendrais peut-être une autre fois), a aussi été l’année où, sans être particulièrement en froid, nous avons été le moins proches, Cocci et moi.
De mon côté, je profitais pleinement de toutes ces belles expériences de la vie étudiante, démultipliée par le fait d’être grisée d’être à l’étranger. Cocci, quant à elle, se perdait à intervalles réguliers dans le stress de son travail à l’université.
Finalement, ça m’a permis de découvrir la ville à travers un prisme nouveau, de me faire des amis et des connaissances et, au passage, de trouver mon futur mari ! J’ai également eu la grande chance de trouver une seconde famille : la mère, les soeurs et même le père de Cocci, à sa manière, ont été de vrais points de repère dans ma vie compliquée, cette année-là.

L’année suivante a été celle de notre installation à toutes deux à Paris : moi pour y rester et y faire ma vie, et Cocci pour y découvrir l’insouciance de l’année Erasmus, pause bien méritée au milieu de ses études stressantes. Là encore, ces mois parisiens ne nous ont pas spécialement rapprochées, comme s’il nous fallait une certaine distance géographique pour déployer pleinement notre amitié !

Finir par nous retrouver

Nous avons donc décidé de nous organiser nos premières vacances à deux : nous avons profité de la pause estivale pour partir quelques jours en Croatie. Dix jours à refaire le monde à deux, à bronzer et à philosopher au soleil. Il faut dire que cet été-là marque la fin de nos années d’ados : moi, je finissais mes études supérieures et m’apprêtais à me lancer dans ma thèse de doctorat, tout en m’installant avec Mister F., et Cocci, célibataire pour la première fois depuis longtemps, m’annonçait avec sérieux que, ça y est, elle était prête, et que le prochain pouvait être le bon. Et l’avenir lui a donné raison !

C&L

Les résultats de notre séance de shooting en mode rafale : il n’y a qu’une très bonne amie qui a la patience de faire ça ! 😉

Et toi, est-ce qu’une belle amitié a marqué tes années lycée ? Est-ce que tu as déjà connu ça, une amitié entre deux langues et deux cultures ?

 

 

 

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13 réflexions sur “Mon amie Cocci – Partie 1 : nos tribulations d’adolescentes

  1. Quand je lis ta si jolie histoire, je me dis qu’effectivement nous avons vraiment beaucoup de points communs.
    Actuellement, cela me manque vraiment de ne pas avoir ma meilleure amie à les côtés aussi souvent que je le souhaiterais. Comme toi grâce à elle, j’ai beaucoup grandi et évolué.
    J’adorerai pouvoir passer une semaine de vacances entre amies une fois par an !!! Ce serait tellement chouette.

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    • Ah oui, rien de tel que ce temps précieux passé avec nos amis. Et c’est vrai que prendre quelques jours et profiter ensemble, ça fait un bien fou ! C’est parfois tellement difficile à organiser, avec le quotidien et les contraintes de chacun, la distance géographique ou les incompatibilités de dispos. Bref, j’espère que tu arriveras à trouver du temps pour en passer avec ta meilleure amie : c’est si précieux !

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  2. Trop mignonne ton histoire !!! Comme ma soeurette, ma (notre) meilleure amie me (nous) manque et clairement je sais que cette amitié on la conservera toute notre vie. On ne se voit pas souvent mais même si c’est une fois par an, c’est comme si on s’était vu la semaine d’avant. Et clairement mes années fac et même la suite aurait sans doute été différentes sans elle.

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  3. Je n’ai pas vraiment d’histoire d’amitié à la vie à la mort à raconter, même si j’ai quelques très bonnes amies, mais je suis contente de « rencontrer » cette Cocci dont il me semble que tu avais parlé dans certains articles de DMT 😉

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  4. Pingback: Ce soir, on chante ! | Miss Lune

  5. Ma mienne, nous nous sommes rencontrés à 10 ans en CM2. Et nous avons passé très peu de temps ensemble. Elle a déménagé. Nous nous voyons 2 fois par an. Pour nos anniversaire (scorpions haloween aussi ! ) et une fois en ete. Et ça pendant plus de 6 ans. Mais à cet age c’est pas évident. Il nous est arrivé des choses très dur presque en même temps et ça nous a beaucoup rapproché. L’arrivée du permi de conduire et de notre Independance nous a aidé aussi. 17 ans plus tard elle est la marraine de ma fille, ma témoin de mariage et toujours celle que j’appelle en premier !!! ❤️❤️❤️

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